• Rêver à la Suisse

    Henri Calet

    Selon le Littré, rêver à la suisse, c'est « avoir l'air de penser à quelque chose, et ne penser à rien ». Henri Calet se joue de la polysémie et adopte la formule pour ce petit recueil de chroniques achevé d'imprimer en décembre 1948 - année de parution chez Gallimard de l'emblématique Le tout sur le tout avec lequel il manque de peu le Goncourt.
    Rêver à la Suisse est pourtant bien un livre sur la Confédération Helvétique, « ... le pays où l'on meurt en cueillant des edelweiss ». Sortie de la guerre, la France est en liesse. Calet choisit lui de se rendre en Suisse pour quelques brefs séjours. L'écrivain tient un journal, observe avec distance et malice. Ces récits fragmentaires, véritables prouesses stylistiques, sont des reportages insolites sur un pays resté « neutre et prospère » qui lui parait tout de même très étranger !
    Avec candeur ou ironie, Calet s'attarde sur mille détails, la qualité des marchandises, la politesse des commerçants, l'abondance des distributeurs automatiques et la facilité avec laquelle il est possible de se procurer des cigarettes. L'écrivain se montre toujours bienveillant, il sourit avec nostalgie : en temps de paix comme en temps de guerre, la vie est bien dérisoire !

  • Dans le tourbillon des années 1935 à 1955, Henri Calet compose une somme impressionnante de textes : chroniques, romans, nouvelles, critiques littéraires ou artistiques, pièces radiophoniques, scénarios, reportages... Il trace ainsi son sillon d'écrivain à la fois faussement léger et légèrement désespéré, adepte de l'utilisation du « je » et de « l'humour gris ».
    À travers des entretiens accordés aux radios et journaux entre 1935 et 1955 et réunis ici pour la première fois, c'est un Calet méconnu que nous révèle l'impressionnant travail de Michel P. Schmitt, non le Calet des livres, mais celui du métier. Nous voici plongés dans l'ombre de son oeuvre et de ses doutes. L'ouvrage, conçu de manière chronologique, entremêle finement les textes rassemblés par Michel P. Schmitt, la biographie de Calet, le contexte historique et littéraire de l'époque. Ce travail est introduit par un magnifique texte de l'écrivain Joseph Ponthus et complété par un inventaire exhaustif des oeuvres, des articles et des entretiens donnés par Calet.

  • «Voici un livre où se découvre à l'évidence ce qui fait de son auteur non seulement l'égal de Charles-Louis Philippe ou d'Eugène Dabit, par exemple, mais plus encore, je crois : par son humour laconique et glacé, l'acuité de sa vision, l'impudence dont à chaque coin de rues de sa prose il fait preuve en pratiquant avec cynisme les tours de bonneteau du langage, un artiste, mieux qu'aucun autre capable d'atteindre à vif le lecteur d'aujourd'hui. Autre chose, plutôt "poétique" disons celle-ci, où s'illuminent brusquement les signes d'un bien étrange savoir : dans ce premier roman, pour une bonne part autobiographique (tous ceux qui lui succédèrent l'attestent), le narrateur, avec plus de vingt ans sur sa mort d'avance, se dit né, quelque 30 ans auparavant, un 14 juillet. Or, d'une longue maladie cardiaque, Henri Calet est effectivement mort à Vence, le 14 juillet 1956. Et voici, extraites de ce qu'alors, en une seule longue nuit, à mon tour, pour un grand journal du matin, je dus écrire, quelques lignes, où je ne trouve rien, après 23 ans, que je ne puisse, avec le même étranglement d'émotion, resigner : "Pour faire comme tout le monde, Calet sucrait son café. Rien qu'une tasse de café. Brève. Possible. Mais qui fait battre le coeur et ouvre les yeux, beaucoup trop bien. Il est mort de ce café, d'une qualité incomparable. Il avait la pâleur de Raymond-la-Science, celle aussi de Buster Keaton. Il savait où il allait. Où nous allons. Sans réaction. Aboulique. Debout néanmoins. Tout cela en bon français. Sobre. Correct. Possible." Bien plus encore que de Céline ou de Chaplin (comme on l'a dit), ah! Bien plus proche, c'est sûr, de Fénéon ou de Satie.
    Salut, lecteur! Ouvre ce livre, et bientôt saluons ensemble, les yeux dans les yeux, cet affranchi.» Francis Ponge.

  • C'est l'histoire d'un homme qui regarde sa ville et sa vie du haut de ses quarante ans.
    Tout au long de cette description de paris, du paris de 1905 à celui de 1948, et à chaque évocation de souvenir, on entend au fond de soi-même les refrains nostalgiques des chansons populaires. c'est en effet le paris populaire, et en particulier le xivè arrondissement, qu'henri calet nous raconte, le paris des petits métiers, des grands immeubles sombres, des rues sans grâce, le paris des misères patiemment supportées, des joies pleinement goûtées, le grand paris goguenard, à la fois courageux et flemmard, qui ne s'étonne de rien et s'émeut si facilement.

    Cet ouvrage a paru pour la première fois en 1948.

  • « Ward était attablé dans la cuisine à demi obscure. Il versait de la cassonade dans son assiette de soupe au babeurre ; il en versait trop. Anneke se confiait à sa poupée. Nette, adossée au buffet, attendait son heure. La grand'mère, tout contre la buse du poêle, grelottait, la joue sur l'épaule, et palpitait spasmodiquement des mains. Elle avait encore ses fièvres. Nul n'y prenait plus garde. Elle geignait : « Ouïe, Dieu Seigneur, que j'ai froid... Ouïe, Dieu Seigneur que j'ai froid...», tout en surveillant Ward. Il remettait de la cassonade. Mais elle n'en disait mot... «Ouïe, j'ai froid...» Elle affectait de se désintéresser de Ward. On l'aurait crue acharnée à finir un invisible tricotage... «Ouïe, Dieu Seigneur...» Allez, verse, verse la cassonade... Elle se recroquevilla davantage, ayant pour ligne de conduite de ne pas adresser la parole à son gendre. «Ouïe, ouyouïe...» »

  • De ma lucarne

    Henri Calet

    Il n'est ici question que d'amour, de l'amour qu'un écrivain porte à une ville, sa ville. Calet est uni à Paris, c'est l'un des thèmes essentiels de son oeuvre. Il entend en montrer toutes les faces, les plus cocasses comme les plus pathétiques, mais surtout, par une apologie du quotidien qui dévoile tout - la grandeur et le moindre -, Calet hausse jusqu'à sa vraie hauteur la ville de son pas et de ses rêves. Les lieux pittoresques abondent, l'étrange est là, prêt au contrepoint. L'art du conteur qui se donne libre cours dans De ma lucarne compose une sorte de périple rêveur au cours duquel Calet opère dans Paris vu de haut des préemptions pleines de tendresse.

  • Au hasard des rues, Calet nous livre son XIVe arrondissement. Puis il remonte jusqu'au Ternes de son enfance. Les souvenirs affluent. Quartiers pauvres où fleurissaient quelques irréguliers, n'hésitant pas à braver, à leur rang très modeste, les lois de la société. Quartiers riches visités, comme on s'offre une fête.

  • Les deux bouts

    Henri Calet

    En 1953, on commande à Henri Calet une série de reportages sur des gens de condition modeste vivant à Paris ou sa proche banlieue. Réunie sous le titre Un sur cinq millions, cette galerie de portraits hauts en couleurs paraît dans Le Parisien Libéré de mai à juin 1953.
    Henri Calet donne notamment la parole à un chauffeur de taxi, à une femme de ménage, un concierge, un ouvrier spécialisé... Cette série de rencontres agit comme une série de petites nouvelles. Elles sont un témoignage d'une qualité exceptionnelle sur les conditions de vies des petites gens, sur la réalité et les transformations du travail dans le monde contemporain.
    Réunie sous le titre Les deux bouts, la série de reportages paraît en 1954 chez Gallimard, dans la collection « L'Air du Temps », dirigée par Pierre Lazareff. Cet ouvrage remarquable, qui n'a curieusement jamais été réédité depuis sa parution.

  • Monsieur paul

    Henri Calet

    Après une existence bien remplie - de quoi ? - un homme s'était cru libre de décider de se retirer.
    Il estimait avoir fait le tour des choses et des gens. cette résolution était prématurée car, en vérité, on n'en a jamais entièrement terminé. (...) qui est cet homme ? c'est lui qui entreprend de le dire dans une sorte de testament, ou plutôt de confession, qu'il destine à son fils : monsieur paul (...) il parle, il montre ce qu'a été sa vie, il ne peut s'empêcher de la faire valoir quelque peu, à la façon des marchands de tapis : il finirait par y prendre goût...
    Et cependant qu'il monologue, elle continue, tel un escalier roulant qui ne s'arrête jamais, où l'on risque à tout instant de se casser la figure. une vie à deux dimensions seulement : le passé, le présent : pas d'avenir.

  • Henri calet est mort en 1956, à l'âge de cinquante-deux ans, d'une crise cardiaque.
    Peau d'ours sont les notes qu'il avait prises de 1951 à sa mort, en vue d'un roman qu'il n'eut pas le temps d'écrire et qui devait porter ce titre.
    " a la mort de calet, peau d'ours se composait d'un amas de papiers de différente nature ", écrit l'amie à qui il les avait remis en murmurant : " c'est ce que j'ai de plus précieux. " ce dossier contenait " un nombre important de petites feuilles de toutes dimensions, sur lesquelles calet avait noté ses réflexions, ses observations, et aussi ses amusements et ses chagrins.
    " on y trouvait également des lettres et quelques articles, et enfin " un relevé de ses agendas depuis la fin de l'année 1949 - document très révélateur de la façon dont calet s'inspirait, dans ses romans, de sa vie intime ". il avait commencé à classer par personnage une partie de ces feuillets. ne disait-il pas lui-même que son oeuvre était " une sorte d'herbier oú je place, j'incère des personnages entrevus, séchés " ?
    " calet disparu, que faire de ce projet de roman ? .
    Le souffle discret de ce dur combat avec la vie, puis avec la mort, méritait d'être entendu. ces pages, dans leur nudité qui laisse apparaître le grain même de la vie, ont semblé à quelques-uns d'une signification irremplaçable. " irremplaçable : voilà exactement le mot qui vient à l'esprit en lisant ce livre. personne d'autre que calet ne pouvait dire ces choses, grandes ou petites, d'une manière plus simple, ni plus bouleversante.
    Et nulle part calet n'a peut-être imposé plus fermement la personnalité de son art que dans cette peau d'ours, au titre si tragiquement prophétique.

  • Le bouquet

    Henri Calet

    « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • Contre l'oubli, paru en 1956, rassemble des reportages, des chroniques parus dans des journaux entre 1944 et 1948. La fin de la guerre - et ses lendemains: une époque en demi-teinte... Une époque, pour Calet, dont la mélancolie et l'humour acide triomphent ici, entre le soleil de la victoire et le brouillard des chagrins.

  • Calet, l'indigène de Montparnasse, en visite dans les arcanes et les hôtels particuliers de la capitale, interrogeant grandes-duchesses et baronnes pas tout à fait nées : on croit rêver ! Pourtant, il faut lire l'enquête du Croquant indiscret pour tout comprendre des frusques et des frasques du Tout-Paris des années cinquante. Cet ouvrage tient du document et du divertissement. Calet se promène chez les riches, le sourire en coin mais sans caricaturer ; il cambriole des yeux et des oreilles la haute société avec l'aplomb, la santé d'écriture d'un type qui achète ses costumes à tempérament et qui n'a toujours pas réglé sa note de dentiste...

  • Garonne, roman fleuve

    Henri Calet

    En 1956, Henri Calet est surtout connu pour son activité de journaliste. L'auteur du Tout sur le tout n'a pas la renommée que ses romans lui vaudront bien plus tard quand, durant les années 1970, on redécouvrira le charme de ses déambulations parisiennes et l'inquiétude de ses récits autobiographiques.

  • Mes impressions d'Afrique

    Henri Calet

    Mes impressions d'Afrique regroupe deux textes inédits de Henri Calet, qui devaient s'intituler L'Algérie du bout des lèvres et Un Maroc d'hiver. Textes charnières, ils furent rédigés alors que Calet était déjà un romancier reconnu, tout autant qu'un chroniqueur de grand talent, dans Combat notamment aux côtés d'Albert Camus et de Pascal Pia. Il s'apprêtait alors à publier son « récit fourre-tout » Le Tout sur le tout, qui connut un grand succès.
    Dans l'hiver 1947-1948, les Mouvements de jeunesse et d'éducation populaire invitèrent Calet, au même titre que d'autres intellectuels métropolitains comme Michel Leiris ou Francis Ponge, pour un séjour à Sidi Madani au sud d'Alger, afin d'y débattre de questions politiques et culturelles propres à l'Algérie. Cette invitation était aussi pour chacun l'occasion de jouir d'excellentes conditions matérielles pour mener à bien ses propres travaux :
    C'est ainsi par exemple que Ponge put rédiger un texte essentiel comme My creative method. Le séjour algérien de Calet se prolongea par un voyage au Maroc, à caractère plus privé cette fois-ci.
    Ces deux textes nord-africains de Calet, même sous leur aspect inachevé, n'en sont pas moins représentatifs au premier chef de son style, de son humour, de sa faculté aiguë d'observation, et plus encore peut-être de son inclination, qui sera de plus en plus forte au fil des années, vers la notation brève et l'écriture impressionniste.

  • La France d'après-guerre vue par Calet. Il nous parle de ses rêves de table en bois, de Daladier, des vacances, d'Herriot, de l'Opéra où l'on joue Rameau, avec sa petite voix, sa grenaille de mots comptés, tassés dans ses phrases courtes, son pas inlassable et son coeur lourd.


  • bordeaux le 3 novembre 1938 mon cher calet, je vous envoie par le même courrier un exemplaire de zobain livre de début et de début modeste, sur lequel j'aimerais avoir votre opinion.
    me ferez-vous l'amitié de m'envoyer très bientôt le mérinos et la belle lurette que j'ai lus avec vous ne pouvez savoir quel intérêt, mais que j'avoue ne pas posséder ? [. ]
    jeudi [27. 1. 55]. cher ami, le petit mot écrit de votre main m'a fait le plus grand plaisir. même écriture qu'avant, même papier. vous allez bientôt vous remettre. et alors, je pourrai vous parler de " ma " maladie. vous ai-je dit que je suis atteint du côté du coeur, et que cela me gêne beaucoup ? ma vie s'en trouve entièrement changée, en plus mal.
    je travaille peu. [. ].

  • Jeunesses

    Henri Calet

    J'aime de plus en plus la jeunesse ; j'en mangerais.
    Que pense t-elle de la radio ? avait-elle des opinions politiques? avait-elle déjà des vues sur l'amour? quelles sont les coiffures actuellement à la mode? quelle sorte de films aimait-elle? avait-elle un penchant pour certains acteurs ou certaines actrices? avait-elle un écrivain favori? quelle était son opinion sur les interprètes? quel est le plus beau jour de la vie d'une jeune fille? qu'est-ce que le flirt? lisait-elle beaucoup? et le sport? quels sont ses sujets de distraction? redoutait-elle une guerre? quels étaient ses journaux ? quelles sont les rubriques qui l'intéressent? aimerait-elle avoir des enfants? comment voyait-elle l'avenir? avait-elle l'eau chaude?.

  • Trente à quarante, ce sont dix années de la vie d'un homme, de la fin d'une jeunesse au commencement de l'âge mûr. À une conjonction près, c'est aussi un jeu de hasard - car, de ces coups de dés, il restera la même chose, le temps perdu et gagné, le hasard flagrant et nul, un amour, un souvenir, un visage fatigué - dix ans de moins. Mais quand cet homme est un grand écrivain, le temps est vaincu par quelques récits, simples, tragiques et quotidiens, sordides et poétiques, tendres et distants, émouvants comme notre vie même. Henri Calet, mort prématurément en 1956, commence seulement à être reconnu pour ce qu'il est : un des écrivains les plus importants de sa génération. Jamais son art n'avait été plus sûr, plus subtilement frémissant, plus proche de nous que dans Trente à quarante. Et, la dernière page tournée, quelque chose de nous-mêmes reste dans ce livre, dans ces histoires qui sont notre histoire.

  • Les murs de Fresnes

    Henri Calet

    « Sans commentaires.
    Ce singulier inventaire refuse tout ce qui viendrait assourdir ces cris, ces appels, ces désespoirs tranquilles, ces espoirs fous, traces ultimes gravées dans le béton gris des murs de Fresnes. [...] « Mais nous ne les avons pas connus », me dit mon fils, « je n'étais pas né, comment pourrais-je oublier ce que je n'ai pas connu ? » C'est pour toi, fils, pour tous les jeunes et les moins jeunes que ce livre, qui n'a que l'apparence d'un livre, est réédité.
    Ici, l'Histoire c'est cent histoires de vies qui promettaient d'être sans histoires et qui basculent un jour dans la souffrance, la solitude, le sang, un supplice qui sera le même pour Dédé d'Aubervilliers et Bertie Albrecht, pour des Français, des Espagnols, des Canadiens, des Anglais, des Américains qui croyaient à la vie et qui sont tombés dans la trappe. »

  • Le voyage en Italie est un genre littéraire. Il nous a valu, de Montaigne à Larbaud, quelques jolies méditations sur les arts, les transports et la gastronomie. C'est conscient de cette tradition, et fort d'un malicieux désir de s'en démarquer qu'Henri Calet, en 1949, effectue le sien. D'emblée, il ne joue pas le jeu. Il enfile bien la Botte, ville après ville, mais, dès qu'approche l'instant élu des friandises culturelles, Calet fait mine de rien, regarde ailleurs, s'absente ; quitte à nous lire, ironique consolateur, des extraits du Baedeker. Car Henri Calet, il l'avoue, vise l'Italie « au-dessous de la peinture », se refusant à la via royale des sites et des musées, à son cortège de béatitudes convenues. L'opulence des richesses locales l'intimide, il s'en défie d'instinct et retourne à cette angoisse en pente douce, pudique et désolée, qui est le coeur même de son oeuvre. Mais que surviennent une suite de « petits faits vrais », maints détails savoureux, un rêve possible, alors Calet consent, sa fringale s'éveille et sa phrase pétille. Enthousiasme momentané ; Calet, au fond, reste insensible au paysage. Le seul vrai voyage serait de s'oublier un temps. Mais on se colle à la peau. Que ce soit pour Venise ou les Buttes-Chaumont, on ne part pas. Telle est la leçon.

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