Classiques Garnier

  • Scène parisienne, roman de déchéance, l'intrigue du père Goriot tiendrait en deux lignes : un brave homme, une pension bourgeoise, deux filles qui le dépouillent. Mais c'est aussi la clé de voûte de son cycle romanesque que livre ici Balzac. En systématisant pour la première fois le retour de ses personnages, l'auteur se joue des codes et révèle les destins croisés du jeune Rastignac et de Bianchon, les malheurs de la vicomtesse de Beauséant, ou le secret de Vautrin... Un coup de maître qui fait du Père Goriot un chef-d'oeuvre aux innombrables lectures. L'apparat critique de Pierre-Georges Castex accompagne le lecteur dans ce roman-carrefour à double fond, et aide à retracer l'histoire complexe de son édition.

  • La peau de chagrin, c'est ce talisman offert par un antiquaire au jeune Raphaël de Valentin, symbole de la finitude humaine, et auquel se voit désormais liée sa vie. À la lisière du conte fantastique, Balzac livre une suite de tableaux de moeurs et de milieux, où la passion et le drame côtoient les grands débats intellectuels de son époque. À travers l'intrigue romanesque aux accents orientaux se profile surtout une remarquable étude philosophique, clé de voûte de La Comédie humaine. Cette édition, établie et annotée avec soin par Maurice Allem, remet au jour un des romans balzaciens les plus acclamés de son temps, et qui ne cesse de donner lieu à de nouvelles adaptations cinématographiques.

    Maurice Allem, de son vrai nom Léon Allemand, fut historien de la littérature et co-éditeur de la revue des Lettres françaises. Cet éminent philologue, spécialiste de la littérature française au xixe siècle, signa d'importantes monographies sur Balzac, Sainte-Beuve, Musset, ainsi qu'une étude historique, La Vie quotidienne sous le Second Empire (Paris, 1948).

  • Pièce majeure des Scènes de la vie de campagne, librement tirée du Volupté de Sainte-Beuve qui vient à peine de paraître, Le Lys dans la vallée ne se veut pas seulement le récit d'un amour impossible. Il est pour Balzac l'occasion de renouveler le roman d'éducation tout entier, en alliant au drame psychologique les grands ressorts de ses peintures physiologiques et sociales. Pomme de discorde dans le Landerneau littéraire, cette étude de moeurs est une des illustrations les plus éclatantes des engagements de son auteur, qui ne manquera pas d'inspirer d'autres romanciers aussi illustres que Gide et Proust. La présente édition entend restituer l'oeuvre dans son contexte grâce à l'apparat critique soigneusement documenté de Moïse le Yaouanc.

    Moïse Le Yaouanc, ancien élève de l'École normale supérieure, fut professeur à l'université de Rennes. Outre sa thèse sur la Nosographie de l'humanité balzacienne (Paris, 1959) qui fit date, on lui doit les riches éditions critiques de plusieurs romans de La Comédie humaine.

  • Eugénie Grandet demeure l'héroïne la plus fameuse et la plus controversée des Scènes de la vie de province. Riche héritière aux prises avec ses propres inclinations, le joug paternel, les concupiscences d'intrigants et les us de Saumur, elle figure le génie de Balzac romancier, mais aussi ses ambitions d'historien. Car c'est une étude de moeurs sur fond de révolution bourgeoise que tisse savamment ce drame de la vie privée au temps de la Restauration. Mise en lumière par l'intelligence critique de Pierre-Georges Castex, cette édition est l'occasion d'une incursion éclairée dans l'univers, éternellement contemporain, de La Comédie humaine.

  • « oeuvre capitale dans l'oeuvre », selon son auteur, lllusions perdues construit le mythe d'une jeunesse et d'une époque, celle de la Restauration. D'Angoulême à Paris, les épreuves humiliantes comme les succès fulgurants de Lucien de Rubempré et de David Séchard font découvrir au lecteur les nouvelles valeurs d'une société aussi brillante que superfi cielle et impitoyable. Des salons de province au grand monde, de l'imprimerie familiale aux milieux de la presse et de l'édition, Balzac compose le récit d'une chute moderne : à l'idéalisme et aux illusions du héros succèdent les compromissions de la vie parisienne et une initiation par défaut. La riche édition d'Antoine Adam éclaire la genèse de ce roman foisonnant et sa place centrale dans La Comédie humaine.

  • Balzac projetait l'écriture d'une nouvelle : mais La Cousine Bette se déploie au fil de sa plume, grossit et finit par s'imposer comme l'un des drames les plus riches et les plus fournis de La Comédie humaine. Lisbeth Fischer n'est pas seulement la parente pauvre, elle est l'incarnation féminine de la frustration et du sadisme qui, par jalousie, s'emploie à causer la ruine financière et morale de sa propre famille. Figure redoutable dans laquelle l'auteur télescope les femmes qui l'auraient malmené, elle représente le pendant noir du Cousin Pons. Cette édition critique de Maurice Allem remet à l'honneur «ce roman terrible» avec lequel Balzac n'entendait pas moins que surpasser Eugène Sue.

    Maurice Allem, de son vrai nom Léon Allemand, fut historien de la littérature et co-éditeur de la revue des Lettres françaises. Cet éminent philologue, spécialiste de la littérature française au xix e  siècle, signa d'importantes monographies sur Balzac, Sainte-Beuve, Musset, ainsi qu'une étude historique, La Vie quotidienne sous le Second Empire (Paris, 1948).

  • Formée à partir de plusieurs nouvelles, cette Scène de la vie privée est l'une de celles que Balzac aura le plus longuement remaniées. S'y orchestrent, comme autant de drames intimes, des saynètes de la vie conjugale, au coeur desquelles le destin amer de Julie Aiglemont se noue d'âge en âge, en tant qu'épouse puis mère. Alliant l'art de la satire, de la peinture sociale et du rocambolesque, Balzac livre un roman-feuilleton engagé, qui interroge avec acuité la condition des femmes dans ce jeu d'apparences qu'est le mariage.
    Ainsi déploie-t-il, sur fond historique, une trame éminemment moderne, que cette édition critique établie par Maurice Allem se propose de mettre savamment en lumière.

  • Pons est l'archétype du personnage balzacien : monomane entièrement voué à sa passion de collectionneur et martyr d'un entourage vénal, il révèle ces « moeurs que les familles ensevelissent dans l'ombre ». Mais il est aussi un de ceux qui reflètent avec le plus d'authenticité le portrait intime de Balzac. oeuvre de maturité, venant clore le diptyque qu'il forme avec La Cousine Bette, Le Cousin Pons nous rappelle la noble gran- deur du bien en dépit d'un monde qui ne le laisse pas triompher. La présente édition, savamment introduite et annotée par Anne-Marie Meininger, met en lumière sa place capitale dans une Comédie humaine dont il fut la dernière pierre...

    Anne-Marie Meininger est spécialiste des oeuvres de Balzac et de Stendhal. Grande préfacière, elle dirigea notamment les éditions des Scènes de la vie parisienne (1977) et du Rouge et le Noir (1931).

  • Troisième volet du groupe des Célibataires , ce roman méconnu de Balzac est une oeuvre de la matu- rité et une pièce maîtresse de La Comédie humaine . Le récit des aventures de la famille Rouget-Brideau est avant tout l'histoire d'une fortune sur trois générations, de la Révolution à la Restauration. La servante, la Rabouilleuse qui petite troublait l'eau des ruisseaux pour aider son oncle à braconner des écrevisses, est le révélateur du pouvoir corrupteur de l'argent, nouveau maître de la destinée et des passions humaines. La complexité du réalisme balzacien entre enquête, allégorie et mythe personnel est révélée par l'édition critique de Pierre Citron. Il réhabilite dans le panthéon littéraire une oeuvre majeure qui infl uença des auteurs tels que Zola.

  • Les deux romans de ce volume, Le Curé de Tours (1832) et Pierrette (1839), constituent avec La Rabouilleuse (1842) la trilogie des Célibataires. Balzac y dépeint les méfaits du célibat, cet « état contraire à la société » (préface de Pierrette), chez deux types emblématiques : la vieille fille et le prêtre. François Birotteau est la victime des intrigues de Mlle Gamard, bigote vaniteuse, et de l'abbé Troubert, prêtre ambitieux, tandis que Pierrette, orpheline, vit le martyre chez son oncle et sa tante célibataires. Ces oeuvres offrent une étude sans concession des rivalités sociales, politiques et individuelles dans deux villes de province sous la Restauration. Le Curé de Tours dévoile l'influence de l'Église et le pouvoir occulte de la Congrégation sous Charles X.

  • En publiant en janvier 1854 Les Filles du feu, Nerval recompose à la fois son oeuvre et sa vie. Le recueil associe tous les genres, selon un mélange sans équivalent dans le romantisme français. Ce mélange n'en possède pas moins une unité secrète, qui est celle d'une voix lyrique réaccordée à l'ancienne parole des mythes à laquelle puisent les sonnets des Chimères.
    L'édition présente tire parti des dernières avancées des études nervaliennes, tout en rassemblant en annexes la riche matière qui nourrit la genèse de l'oeuvre, ses manuscrits et ses états intermédiaires, son intertextualité foisonnante et ses ramifications multiples, qui font de cette oeuvre à la fois une oeuvre fragmentaire, ouverte sur Aurélia, et un livre-chimère.

  • Paris, ville dirigée par l'or et les désirs, est le cadre dans lequel se déchaînent les passions tumultueuses et tragiques de trois membres de la société des Treize, union fraternelle d'hommes d'exception. Balzac allie ici l'étude des « physiologies » des Parisiens à la célébration de la « vraie poésie » de la capitale.

  • Dans ce roman méconnu, Balzac veut peindre le Tartuffe de son temps. En fin observateur de la monarchie de Juillet, il substitue les ressorts politiques et sociaux à ceux de la dévotion. Au-delà de l'ascension de Théodose de La Peyrade, le récit propose une étude de la petite bourgeoisie de 1830.

  • Ces deux récits analysent les rapports complexes entre la capitale et la province. L'Illustre Gaudissart propose l'incursion d'un Parisien hâbleur en Touraine, tandis que La Muse du département décrit les désillusions littéraires et amoureuses d'une « femme supérieure » au contact de la corruption parisienne.

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