Ad Solem

  • Un regard philosophique et théologique sur l'Eucharistie, qui est aussi une méditation sur la nature du christianisme. A l'heure où le New Age et le bricolage des nouvelles religiosités recherche un absolu sans visage et sans histoire, le livre rappelle que l'expérience de la présence ne se fait que dans l'histoire.

  • Nous avons retenu de Ricoeur que " le symbole donne à penser".
    Une première leçon aussi importante est à recevoir de C. S. Lewis. les contes de fée donnent à penser. Ils le font, en tout cas dans les Chroniques de Narnia, en abolissant le vieux et rituel antagonisme du " mythique " et du " rationnel ". Le réel (notre monde) pourrait-il abriter du mythe devenu fait? Réciproquement, peut-on réécrire sur un mode mythique ou féerique ce qui a eu lieu dans notre monde seul réel? Les Chroniques sont de la grande littérature et non des textes didactiques ou, pire encore, des ouvrages à message.
    La littérature féerique parle à l'imaginaire. Elle peut aussi avoir la force de structurer l'imaginaire. Dans les aventures d'enfants projetés dans le monde féerique de Narnia, que voit-on se jouer si l'on ne se contente pas du plaisir de lire et que l'on tente une interprétation? Peut-être un travail sur l'imaginaire qui le prépare à faire sien le monde de la Bible- peut-être une forme originale de " préparation à l'Évangile ".
    Jean-Yves Lacoste est Professeur invité à l'Université de Chicago et life member de Clare Hall, Université de Cambridge.
    Parmi ses publications: Expérience et Absolu (1994), Le monde et l'absence d oeuvre (aooo). A dirigé le Dictionnaire critique de théologie, (zoo4).
    Le livre s'est constitué en l'espace d'une trentaine d'années, d'un Noël à l'autre, quand venait l'Avent. Au dernier pas, sa composition toute simple apparaît.
    Voici d'abord un cercle d'animaux, un Bestiaire, qui dit et chante la naissance du Sauveur, mais c'est toute la création, obscure et lumineuse, qui réclame la vie éternelle, comme chacun de nous.
    Puis viennent les mages, les bergers, autour de l'Enfant et de sa Mère, avec joseph. Viennent aussi les soldats d'Hérode. Dans la dernière partie du livre s'entend plus souvent la voix du poète lui-même, comme s'il déposait au bord de la crèche ses jours, sa vie. Le ton de ces poèmes, leur couleur, est plus tragique. Noël est aussi le Massacre des Innocents et la mémoire de la Crucifixion. A Bethléem, aujourd'hui, des enfants meurent sous le tir de soldats.
    Relisant des poèmes anciens, l'auteur n'y a rien changé: ils ne lui appartiennent plus ; leur forme, régulière ou non, est inaltérable. Et c'est l'un des caractères de cette poésie que de mêler la sûreté classique et une certaine claudication, le pair et l'impair, rime et prose. Poésie moderne ? Elle s'ajoute au vaste et profond trésor de tous les Noëls, anonymes, populaires. Et c'est la langue française qui chante ici Noël.
    Claude-Henri Rocquet est né d Dunkerque en 1933.
    Il a publié ou fait jouer une trentaine d'ouvrages: poèmes et récits, essais et entretiens, théâtre.

  • Ce volume se livre à un fréquent travail de transgression, en l'occurrence de transgression des frontières entre le philosophique et le théologique.
    D'un philosophe aussi rigoureusement philosophique que possible, Levinas, on entendait dire bizarrement qu'il était un « théologien honteux ». De certains théologiens, nous avons parfois l'impression qu'ils concèdent trop à la philosophie ou à un philosophe.
    Il importe assez peu.
    Philosophie, théologie, les deux se rejoignent en étant des travaux de pensée ou, plus prudemment, en formant le projet de penser.
    Une certaine organisation du philosophique est peut-être agonisante. Les pans de théologie vétuste ne manquent pas, et il s'en trouvera toujours pour maintenir artificiellement en vie des manières mortes de faire de la théologie. Mais il n'est pas interdit de travailler, et il n'est pas interdit d'accueillir avec bienveillance toutes les questions qui donnent à penser.
    Les philosophes donnent à penser aux théologiens, les théologiens donnent à penser aux philosophes. Dans ces études, j'ai donc fait de mon mieux pour m'occuper du plus important, de ce qu'il importe le plus de penser, sans m'intéresser aux frontières en vigueur.

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