• à rebours

    Joris-Karl Huysmans

    La Bible de l'esprit décadent et de la « charogne » 1900. À travers le personnage de des Esseintes, Huysmans n'a pas seulement résumé, immortalisé les torpeurs, les langueurs, les névroses vénéneuses et perverses du siècle finissant. Des Esseintes est aussi un héros kierkegaardien, à la fois grotesque et pathétique, une des plus fortes figures de l'angoisse qu'ait laissées notre littérature. Fils spirituel de René et de la génération du mal du siècle, il annonce à bien des égards le Bardamu de Céline et le Roquentin de La Nausée.

    8 Autres éditions :

  • À rebours offre à Huysmans une place à part dans le paysage littéraire. En 1884, ce fut une déflagration. Barbey réutilisa la formule par laquelle il avait salué Les Fleurs du Mal : après un tel livre, l'auteur n'a plus qu'à choisir «entre la bouche d'un pistolet et les pieds de la croix». Mais cette formule ne rend pas compte de l'extraordinaire nouveauté du roman. Avec le personnage de Des Esseintes, Huysmans saisit l'essence de la fin-de-siècle : l'heure est à la névrose. S'il est bien le roman d'une génération, salué par Mallarmé, et inspirateur notamment du Portrait de Dorian Gray, À rebours opère une percée vers le XXe siècle.
    Cet arbre ne devrait pourtant pas cacher la forêt romanesque de Huysmans. Roman naturaliste, Marthe, histoire d'une fille (1876) - qui fut interdit en France - lui permet de se lier avec Zola, à qui est dédié Les Soeurs Vatard en 1879. Sac au dos (1877 et 1880) est une courte et burlesque épopée de la guerre de 1870. En ménage (1881) décrit l'itinéraire d'André Jayant, romancier raté, célibataire en proie à des «crises juponnières» : l'un des meilleurs romans de Huysmans, selon le héros de Soumission de Michel Houellebecq, qui s'y connaît. Puis vient le Folantin d'À vau-l'eau (1882). Il est Huysmans, l'homme moderne, M. Tout-Iemonde, personne. Il a renoncé à tout, sauf à se nourrir ; c'est l'«Ulysse des gargotes», disait Maupassant. À vau-l'eau est un très grand petit livre. Mais Huysmans suffoque dans le «cul de sac» naturaliste. À rebours marque le tournant que l'on sait. En rade (1887), c'est le rêve avant Freud, ou le passage du naturalisme au surnaturel. Là-bas (1891) est le roman du satanisme, et En route (1895) le livre de la conversion et une autobiographie spirituelle.

  • Si Huysmans est connu pour être un romancier et nouvelliste majeur et à l'influence durable de notre littérature, il n'en a pas moins illustré de façon magistrale la longue tradition du poème en prose. C'est même par là qu'il a commencé son oeuvre avec Le drageoir aux épices en 1874, puis Croquis parisiens en 1880. Dans la lignée d'Aloysius Bertrand, Rimbaud et surtout des Petits poèmes en prose (Le Spleen de Paris) de Baudelaire, ces deux recueils, pour la première fois réunis en édition courante, évoquent de façon saisissante des scènes de rue, de music- hall ou de brasseries, mêlant les portraits de gens du peuple aux grâces sensuelles des demi-mondaines dans des vignettes qu'on dirait gravées à l'eau-forte par un Toulouse Lautrec ou un Hogarth auquel le poète du reste se réfère. Mais surtout le lecteur y trouvera la jouissance d'une écriture alerte, colorée, charnelle au rare pouvoir de suggestion.
    C'est l'universitaire Jean-Pierre Bertrand, par ailleurs collaborateur de la Pléiade Huysmans avec la sortie de laquelle coïncidera notre publication, qui a pris en charge l'édition de ce volume et éclaire de ses notes et commentaires ces poèmes en prose qui étaient comme le chaînon manquant entre le répertoire du XIXe siècle et la rénovation du genre par les Apollinaire, Max Jacob puis Ponge ou Bonnefoy.

  • Cette nouvelle de Huysmans est resté inédite jusqu'en 1964, date à laquelle Maurice Garçon la découvre et la publie chez J.-J. Pauvert.
    C'est l'histoire d'une commande - et d'un refus. En 1888, en Angleterre, un avocat amateur de littérature, Harry Quilter, avait fondé une revue, The Universal Review. Il entendait rassembler les meilleurs écrivains de tous les pays et publier leurs oeuvres. Huysmans est sollicité et écrit une nouvelle dont il avait esquissé l'idée sur un petit carnet quelques années auparavant. Quilter est déçu. Il attendait de Huysmans quelque chose dans l'esprit d'À Rebours et refuse la nouvelle, que son auteur range définitivement dans un tiroir.

  • Là-bas

    Joris-Karl Huysmans

    «Le mal d'âmes», comme disait Mallarmé, à la fin du siècle, et «le bizarre attardement, au Paris actuel, de la démonialité». Gilles de Rais mène le bal par l'intermédiaire d'un historien, Durtal, assoiffé de surnaturel et dont l'initiation sera faite par l'épouse hystérique et perverse d'un grand écrivain catholique. Messes noires et invocations sataniques s'ensuivent, qu'organise un prêtre excommunié, le chanoine Docre, qui s'est fait tracer sur la plante des pieds l'image de la croix afin de pouvoir la piétiner constamment et dont les plus innocents plaisirs sont de nourrir des souris blanches avec des hosties consacrées. Dans ce monde du sabbat et du blasphème, la raison ne survit que réfugiée dans une tour de Saint-Sulpice, où la femme du sonneur de cloches mitonne à l'intention de rares rescapés de divins pot-au-feu.

    3 Autres éditions :

  • Les écrits historiques de Goethe occupent une place décisive dans l'histoire de la culture allemande, à la charnière entre classicisme et romantisme, à l'aube de la modernité ; leur influence est considérable, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Allemagne. La présente anthologie n'a pas d' équivalent en langue française. Le lecteur y trouvera des textes ayant trait à la littérature, la peinture, la sculpture, l'architecture, la musique et le théâtre. Ils ne rendent pas simplement compte de l'évolution de Goethe ; ils traduisent également l'exceptionnelle richesse de la réflexion d'un auteur dont l'ambition était d'être un homme universel

  • Noël 1893, Huysmans découvre la cathédrale de Chartres : c'est un éblouissement. Il retranscrit son expérience dans ce livre foisonnant, qui se lit d'abord comme un roman d'apprentissage, mais où la narration se trouve bien vite subvertie par la description, qui investit jusqu'au dialogue. Ce livre d'érudition se veut aussi un livre d'art : pour l'auteur, la cathédrale reproduit dans son corps de pierre les merveilles de la nature et offre un concentré de leur signification. Elle est un répertoire, un dictionnaire, une encyclopédie, non seulement de l'histoire sainte mais de la création entière. Huysmans rappelle ici l'ampleur universelle de la culture chrétienne, et s'oppose à une dissociation de l'art et de la foi, de la foi et de l'intelligence, de la beauté et de la vérité. Il fait de la cathédrale-monument un immense poème en prose : un roman d'âme.

    1 autre édition :

  • Pour quelles raisons les habitués des cafés parisiens s'entêtent-ils à consommer dans un lieu public des alcools de qualité moindre et de prix plus élevé que ceux qu'ils pourraient savourer dans le confort de leur salon ? À quelle « hantise du lieu public » ce besoin peut-il correspondre ?

    On trouve dans les cafés des bavards en mal d'interlocuteurs aussi bien que des taciturnes en quête de tranquillité ; des joueurs, des ivrognes, des filous - et, invariablement, quelques phénomènes. C'est à cette sociologie que Huysmans s'attaque, avec la minutie et l'acidité qu'on lui connaît.

    Le présent recueil comprend quatre textes de Huysmans consacrés aux cafés, brasseries et autres cabarets : Les Habitués de café, Le Buffet des gares, Une goguette et Le Point-du-Jour.

  • En rade

    Joris-Karl Huysmans

    En rade / par J.-K. Huysmans ; eaux-fortes en couleurs et bois originaux de Paul Guignebault Date de l'édition originale : 1911 Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.
    Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

    En entreprenant de redonner vie à ces ouvrages au travers d'une collection de livres réimprimés à la demande, nous leur donnons la possibilité de rencontrer un public élargi et participons à la transmission de connaissances et de savoirs parfois difficilement accessibles.
    Nous avons cherché à concilier la reproduction fidèle d'un livre ancien à partir de sa version numérisée avec le souci d'un confort de lecture optimal. Nous espérons que les ouvrages de cette nouvelle collection vous apporteront entière satisfaction.

    Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr

    2 Autres éditions :

  • En route

    Joris-Karl Huysmans

    Dans ce roman autobiographique, l'auteur conte l'histoire d'un écrivain et de son retour à la religion catholique.
    Admirateur du moyen âge, des cathédrales, de la peinture religieuse ancienne, le héros séjourne dans un couvent pour tenter de résoudre son drame de conscience. roman de conversion, - et la conversion des artistes, de claudel à péguy ou ghéon, au tournant du siècle est un phénomène de société -, celle-ci échoue. roman de la vie spirituelle, de l'église et du couvent, il ouvre une voie originale, où triompheront mauriac et bernanos.
    Enfin, c'est, comme à rebours, une grande rêverie narcissique, un monologue intérieur où luttent l'imaginaire érotique et la prière, l'esthétisme et l'ascétisme. comme l'a dit l'auteur lui-même, il est tombé " comme un aérolithe ".

  • Le gaz s'allume au Palais-Royal et déploie son éventail de flammes jaunes ; les restaurants étalent à leurs vitrines des mets qui ne se mangent : poissons aux écailles d'azur et aux cottes d'argent, chevreuils aux chairs d'un rouge de pourpre, pistaches vertes, truffes noires, langoustes écarlates, pommes laquées de rose, et tout cela coûte deux francs... pour n'en pas manger ! En haut, c'est la cohue, les garçons s'élancent, crient, se disputent, bousculent les gens qui mangent et, dans ce vacarme de pas, de heurts, de hurlements, une petite cuiller qui sonne, en tombant, jette sa note aigrelette, tandis que le «ouf» des bouteilles que l'on débouche détonne sur le cliquetis des verres qui se brisent.

  • Né dans une petite rue de la rive gauche, élevé dans le Quartier latin, Huysmans a très tôt connu les églises de Paris et devient très vite fasciné par « l'extraordinaire page écrite autour de Notre-Dame ». Son regard sur l'iconographie des cathédrales le plonge dans la nostalgie du Moyen Âge que lui inspire également sa passion pour les Primitifs, qui parlent eux aussi une autre langue.
    Huysmans s'est abondamment documenté sur Notre-Dame de Paris et sur son « quartier ». Les textes qu'il leur a consacrés en témoignent. La cathédrale de Paris, telle que des siècles de destructions et de reconstructions la lui livrent, reflète d'autres évolutions qu'il déplore. Elle a perdu la pureté des formes que les architectes anonymes du XIIe et du XIIIe siècle lui avaient donnée. Le siècle de Viollet-le-Duc et de Victor Hugo l'a revisitée et « rafistolée ». Et le peuple s'est éloigné d'elle. Les maisons qui jouxtaient ses flancs ont été détruites. Désormais le tourisme de masse, qui commençait à envahir la capitale à la fin du XIXe siècle, impose sa loi et crée le vide autour des monuments.

  • Nouvelles

    Joris-Karl Huysmans


    Recueil de nouvelles pleines d'humour noire.


  • Resté inédit du vivant de Huysmans, le manuscrit de ces Rêveries est tout à fait étonnant. Le mot « Rêveries » dans le titre, que Huysmans a préféré au mot « Propos » dans une première rédaction, paraît à la limite de l'antiphrase lorsqu'on lit le texte de cette diatribe contre l'Église de France, ou plus exactement contre le catholicisme à la française.
    Les Rêveries d'un croyant grincheux sont l'un des tout derniers textes de Huysmans. L'affaire Loisy, à laquelle ces Rêveries font référence, permet de le dater, avec une certaine probabilité, de l'année 1904. Comme l'écrit Huysmans à son amie Mme Huc le 17 décembre 1903, Alfred Loisy ne croyait pas à la Résurrection et contestait les sacrements. Il avait été démis de ses enseignements à l'Institut catholique de Paris en janvier 1903 et Rome, après de longs atermoiements, avait fini, en décembre, par mettre à l'Index cinq de ses ouvrages. Ce qu'en dit Huysmans semble suivre cette décision.

  • En 1870, un jeune conscrit raconte le quotidien des soldats français en guerre contre la Prusse : la douleur et les larmes, les poux, la crasse et la mort... M. Folantin, petit employé dans un ministère, mène une vie médiocre. Seule la quête d'un restaurant correct pour dîner met un peu d'espoir dans la monotonie de ses journées. Deux univers très différents pour découvrir quelques facettes du talent naturaliste de Huysmans, l'auteur d'À rebours.

  • En ménage

    Joris-Karl Huysmans

    • Sillage
    • 20 Octobre 2007

    Peu de temps avant la parution d'En ménage, Huysmans écrivait à son ami Théodore Hannon (lettre du 10 février 1881) : Je suis très inquiet avec mon damné volume. Il est si différent, si bizarre, si intimiste, si loin de toutes les idées de Zola, que je ne sais vraiment si je ne vais pas faire un vrai four. C'est du naturalisme assez neuf, je crois. Mais dame, le terre à terre de la vie et le dégoût de l'humaine existence ne seront peut-être que peu goûtés par ce sacré public. Enfin c'est poivré en diable et ça attaque tout ce qui est respectable, donc j'ai des atouts.
    En ménage divisa la critique et resta l'un des romans préférés de son auteur.

    3 Autres éditions :

  • Cette édition rassemble pour la première fois l'ensemble des écrits sur l'art que Huysmans publia entre 1867 et 1901. Elle ne comprend pas moins de 40 textes inédits.
    Découvreur de l'Impressionnisme et révélateur de nombreux talents, l'auteur d'À rebours a contribué par sa critique d'art à l'évolution des idées esthétiques au tournant des XIXe et XXe siècles et au renouveau de la peinture moderne. Le premier, il a su saisir l'importance du courant impressionniste, apprécier les couleurs vives et comprendre la révolution qui s'opérait brutalement dans la peinture. De suite, il a compris que nombre de ces artistes passeraient à la postérité.
    De l'art flamand et hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles à l'impressionnisme et au symbolisme, de Monet, Manet, Pissaro, Caillebotte à Gauguin, Cézanne, Seurat, Rops, Redon, c'est un panorama des plus brillants de l'histoire de l'art qui est livré à travers cette importante somme.
    Plus tard, Huysmans se passionnera pour le symbolisme, avec Gustave Moreau, Odilon Redon et Félicien Rops. Sa conversion coïncidera avec la redécouverte de la peinture des primitifs allemands, à commencer par le plus célèbre d'entre eux : Matthias Grünewald.
    Dans ces textes, Huysmans, peintre du langage, pulvérise la pensée au delà de toute notion de genre. À la frontière de la critique d'art et de la littérature, ces écrits esthétiques, qui prennent place à côté de ceux de Diderot, Stendhal ou Baudelaire, constituent le témoignage singulier d'un esthète du xixe siècle sur la peinture, en même temps qu'une invitation à relire une oeuvre littéraire sous une approche picturale.

    1 autre édition :

  • En 1891, dans Là-bas, J.-K. Huysmans propose une incursion chez les adorateurs de Satan, et son héros, l'écrivain Durtal, écrit une biographie de Gilles de Rais, enfant abandonné, compagnon de guerre de Jeanne d'Arc, Maréchal de France à vingt-cinq ans, seigneur féodal tout-puissant, mystique et tueur de masse. À travers cette figure, Huysmans donne à voir le Moyen Âge, qui le fascine par sa foi profonde et ses excès. En 1897, dans une plaquette tirée à cent exemplaires, jamais republiée, Huysmans présente à nouveau la vie de ce personnage hors normes.
    Jérôme Solal propose une nouvelle édition suivie de plusieurs textes, dont les passages censurés en 1897.

  • L'architecture cuite rassemble 3+2 essais de Joris Karl Huysmans sur l'architecture parisienne. 3+2, parce que les trois premiers sont consacrés à l'architecture de la fin du XIXe contre laquelle la verve de Huysmans explose littéralement, jusqu'à imaginer que la meilleure manière de l'apprécier serait qu'elle soit brûlée: d'où l'architecture "cuite"! Et que les deux derniers sont consacrés à Notre Dame de Paris, où la fougue incendiaire de l'auteur s'apaise, quand il se trouve face aux monstres des gargouilles et à l'intemporel du gothique "flamboyant". On n'épuisera jamais la richesse de l'oeuvre et de la langue de cet extraordinaire écrivain, ni quand elle s'en prend au mal de son siècle: la bourgeoisie; ni quand elle exprime toute la beauté d'un «temps passé trépassé».

  • Joris-Karl Huysmans, nom d'usage de Charles Marie Georges Huysmans, écrivain et critique d'art, né en février 1848 à Paris, et mort à Paris en mai 1907. Il fit toute sa carrière au ministère de l'Intérieur, où il entra en 1866.
    En tant que romancier et critique d'art, il prit une part active à la vie littéraire et artistique.Défenseur du naturalisme à ses débuts, il rompit avec cette école pour explorer les possibilités nouvelles offertes par le symbolisme, et devint le principal représentant de l'esthétique fin de siècle Par son oeuvre de critique d'art, il contribua à promouvoir en France la peinture impressionniste ainsi que le mouvement symboliste, et permit au public de redécouvrir l'oeuvre des artistes primitifs.

    En 1876, Huysmans publie son premier roman, d'inspiration naturaliste, Marthe. Il se lie d'amitié avec Émile Zola, dont il prend la défense dans un vibrant article consacré à L'Assommoir. Dès lors, Huysmans appartient au petit groupe des écrivains reçus par Zola dans sa villa de Médan. Il y fréquente Maupassant, Hennique, Paul Alexis... il collabore, en 1880, à la publication du recueil de nouvelles naturalistes : Les Soirées de Médan Avec À rebours en 1884, il rompt brutalement avec l'esthétique naturaliste. L'esthétique fin de siècle créée par Huysmans, fait la synthèse des influences morbides de Baudelaire ou d'Edgar Poe, des propensions au rêve de Mallarmé ou les tableaux de Gustave Moreau C'est un roman total intégrant des réflexions sur l'art et la littérature. Le livre fait aussi étalage du cynisme de Huysmans. En cherchant à ouvrir une voie nouvelle dans la littérature pour échapper à l'impasse du naturalisme, il en vient à s'interroger personnellement sur la question de la foi. En route (1895), retrace les étapes de la lente et douloureuse conversion de son auteur à la religion catholique. Dans La Cathédrale, en 1898, il étudie la symbolique chrétienne dans le cadre de la cathédrale de Chartres.
    Après s'être retiré dans plusieurs monastères, il quitte Paris en 1899 pour s'installer à Ligugé, près de Poitiers et se prépare à devenir oblat. Mais en 1901, la loi sur les associations oblige Huysmans à rejoindre Paris.

    Huysmans était le descendant d'une lignée d'artistes peintres flamands. Huysmans publie des descriptions de tableaux de peintres hollandais : Frans Hals et Pieter de Hooch. Il découvre Odilon Redon, Gustave Moreau, Félicien Rops et participe largement à faire connaître au public le symbolisme en peinture. Il réunit ses chroniques dans deux recueils : L'Art moderne (1883) et Certains (1889).
    Après sa conversion au catholicisme vers 1895, il redécouvre l'art religieux (Fra Angelico...), en particulier la peinture des primitifs: Matthias Grünewald, Roger van der Weyden, Quentin Metsys...

    Huysmans est également l'auteur d'une oeuvre de critique littéraire importante. Ses écrits, de 1876 à 1904, prennent la forme de chroniques littéraires, de comptes rendus d'ouvrages et de portraits d'écrivains

  • De tout

    Joris-Karl Huysmans

    En 1899, Huysmans s'est réfugié à Ligugé, fuyant le monde parisien qu'il trouve corrompu. De tout rassemble sous une forme journalistique l'essentiel des obsessions de son auteur, selon la partition profane / sacré, tout en réagissant à vif à une actualité politico-religieuse brûlante.
    De tout est une promenade dans les rues de Paris du XXe siècle naissant, dans les cafés, chez le coiffeur, dans le train en partance pour des villes étrangères visitées par l'auteur, mais aussi dans les couvents, les églises, nous livrant, comme des intermèdes, quelques mini-hagiographies de saintes oubliées.

    2 Autres éditions :

  • Ces trois récits de Joris-Karl Huysmans, concernant le sud du 5e arrondissement de Paris et le nord du 13e - zone qui à la fin du XIXe siècle n'a pas grand-chose à voir avec ces quartiers aujourd'hui cossus et bohèmes -, sont extraits des "Croquis parisiens".

    Lors de ses promenades, le célèbre auteur restitue une image disparue de ces quartiers corrompus par les agents immobiliers et la furie dévastatrice de l'aménagement urbain. Cette réédition est illustrée des eaux-fortes d'Auguste Lepère qui agrémentaient l'ouvrage paru en 1901.

    Un témoignage poétique et poignant d'une ville désormais disparue. À lire et relire à l'heure où Paris subit encore une grande vague de métamorphoses. On peut encore parcourir les rues de ces quartiers, le livre à la main.

    Cet ouvrage, sous cette forme, n'a pas connu d'édition papier depuis les toutes premières années du XXe siècle.

    1 autre édition :

  • L'histoire ne manque pas d'exemples concernant les multiples rapports qu'entretiennent les hommes de lettres avec le monde des arts. À cet égard, suffit-il un instant de songer aux deux figures emblématiques que furent Baudelaire et Diderot. Toutefois, dans le cas de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), l'auteur des célèbres récits À rebours et Là-bas, ces rapports semblent vouloir se raffermir encore, comme s'il existait autant d'art en littérature et inversement, et qu'il s'agissait d'établir au fond une sorte de rendez-vous ferme et définitif entre ces deux mondes. Mais Huysmans n'était-il pas issu d'une lignée d'artistes, au point qu'il puisse en dire : « De père en fils, tout le monde a peint dans cette famille » ; et doit-on feindre d'ignorer que sa vocation d'écrivain lui viendra de ses premières visites au Louvre.
    Autrement dit, non pas un critique d'art, mais un écrivain d'art, un artiste écrivain, qui s'est autant intéressé à la peinture de son temps qu'à celle des siècles précédents, au long de nombreux textes éblouissants tant par leur style que leur érudition, dont celui sur l'artiste belge Félicien Rops, reproduit dans ces pages, auprès de l'admirable petit essai consacré par Huysmans à la question du monstre en art.

  • Réunis pour la première fois en un seul volume, ces quatre romans de J.-K. Huysmans ont en commun le même personnage principal : Durtal. Le disciple de Zola avait déjà pris ses distances avec le naturalisme à la parution d'À rebours. Avec Là-Bas, il s'en détachera irrévocablement, préférant flirter avec le Diable. Son héros, écrivain comme lui, mènera une enquête approfondie sur les milieux satanistes de la fin du XIXe siècle. Pourtant, son évolution spirituelle n'est pas terminée. Arrive l'heure de la conversion au catholicisme : voilà En Route, qui l'oriente vers la mystique ; puis La Cathédrale, vaste poème à la gloire de Chartres ; enfin L'Oblat, couronnement de la tétralogie, qui célèbre la béatitude du chant grégorien. Ainsi rassemblé, le cycle durtalien peut s'affirmer dans son intégralité.

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