Littérature générale

  • 1971. Tout juste sorti de prison, Gégé, dit Blaise, retrouve le bar familial dont il a hérité à la mort de son père. Son rêve de toujours : le transformer en café-concert pour en faire un rendez-vous incontournable de la scène jazz. Il se lance, résolu à faire bouger sa ville terne et sans âme.

    Mais un bébé, la petite Nour, et sa mère défaillante arrivent par effraction dans sa vie solitaire. Blaise fait tout pour les garder à distance. Hanté par son passé, il craint plus que tout de s'attacher... Mais d'un regard, l'enfant fait tomber ses résistances, et il va désormais veiller sur elle à sa façon. Ce faux père la protège tant bien que mal, l'initie à la musique, lui offre sa première guitare et son premier concert. Il la regarde grandir, adolescente écorchée vive qui se brûle aux accidents de la vie, ceux qui menacent à coup sûr les gamines sans repères.

    En ville règne une atmosphère de perdus, d'à quoi bon, alcoolisée et souvent brutale. Au milieu de tous les dangers, Nour chante. Et entre deux concerts de jazz mythiques dans le bar de Blaise, elle compose, pour fuir son enfance, tracer son destin, tenter de défier la mort.

    Blaise, l'ancien taulard paumé et farouche, s'est mis à aimer. Et parce qu'il est la victime d'un secret de famille, il va tout faire pour sauver Nour. Jusqu'à la dernière page, nous respirons avec eux et tremblons pour eux. Romanesque, haletant, sensible et bouleversant.

  • Chambre 2

    Julie Bonnie

    Chaque jour, recommencer : chambre 1, chambre 2, chambre 4, chambre 12... Béatrice, auxiliaire de puéricultrice dans une maternité, est chargée de veiller sur les nouvelles mamans. Une expérience bouleversante pour cette jeune femme vulnérable. La naissance n'a rien du conte de fées promis et l'accouchement met parfois le corps au supplice. Ancienne danseuse nue itinérante dont la vie était rythmée par le son du violon, Béatrice pensait trouver dans son nouveau métier une vie plus « normale ». Mais plus que jamais elle doit composer au quotidien pour harmoniser les soubresauts des âmes et des corps...

  • Barbara, roman

    Julie Bonnie

    Joue, piano, joue.
    C'est un piano de papier, dessiné au crayon par sa grand-mère adorée. Dès que son soleil devient trop noir, la petite Monique y compose des cantates secrètes, des airs rien que pour elle, du bout des doigts. Quand la guerre jette sa famille dans la clandestinité... Quand un père qui aime trop sa « sauterelle », un beau jour, dépasse les limites... L'enfant s'accroche à son piano, s'envole. Il l'emmènera sous les feux de la rampe - longue dame brune - lorsque Monique deviendra Barbara.

  • Mon amour,

    Julie Bonnie

    Elle est à Paris avec sa fille, à peine vieille de quatre jours, seules pour un mois. Lui vient de partir en tournée, il est pianiste de jazz. Ils savent que c'est long un mois. Elle n'aime pas le téléphone, alors ils s'écrivent. Se disent toutes ces petites choses qu'on n'a pas à se dire quand on est ensemble, se racontent au quotidien. La maternité, les concerts, les joies, le temps qu'il fait, le temps qui passe, les manques, les matins. Une partie de leurs vies sans l'autre, avec le décalage de la correspondance. Mais ils taisent de plus en plus les peurs, les pleurs, les doutes, les rencontres, les entorses. L'autre partie de leurs vies sans l'autre, là où se mesure la distance, ses risques et ses conséquences...

  • Julie, quarante-six ans, a fait son lit et rangé sa cuisine équipée après le départ de ses enfants pour l'école. Elle est écrivain et musicienne et, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec Julie, treize ans, avec sa jeunesse. Sur les photos d'époque, ses enfants ne la reconnaissent pas. Leur mère, crâne rasé, joint au bec, violon dans la nuit du Berlin d'après le Mur, leur mère enroulée dans un camion qui traverse les nouvelles frontières et mène aux scènes underground d'Europe de l'Est ? Inimaginable. Et la gamine survoltée qui a la rage et hurle dans le micro, est-ce qu'elle reconnaîtrait la femme mûre qu'elle ne pensait jamais devenir ? Julie est restée fidèle, somme toute. À son amour pour Nic, aux membres de leur groupe, son autre famille dysfonctionnelle, au désir de créer. Mais l'énergie de ces années-là lui manque, la boule de feu qu'elle couvait et qui brûlait tout sur son passage a disparu. Ce livre, c'est le groupe qu'elles forment à elles deux. Sa musique est pugnace, douce-amère, entêtante. Dans sa lucidité, elle nous berce tous.

  • « Alice est envahie par son histoire, une sale histoire dont elle voudrait tant se débarrasser. Parce que le silence tue, que la honte étouffe, Alice se met en quête des mots pour écrire son récit, puis le brûler, l'évincer une fois pour toutes de sa vie. Comment trouver les mots qui racontent l'indicible ? Sur le chemin d'Alice, on croise des monstres, des morts, des personnages loufoques. Tous vont l'aider à comprendre enfin ce qui lui est arrivé : très jeune, elle a croisé le chemin d'un garçon perturbé qui l'a agressée sexuellement.
    J'avais envie, j'avais besoin de raconter l'histoire d'Alice. J'aimerais délivrer les enfants non-coupables de la honte et de la culpabilité qui les hantent.
    En écrivant, j'imaginais des dessins. Leurs contours restaient flous, et puis j'ai eu un déclic : depuis le début, c'étaient les illustrations de Robin qui accompagnaient mon écriture. Je ne sais pas pourquoi.
    Robin, je l'ai rencontré il y a une quinzaine d'années dans des loges, sur des scènes, dans des bars, la nuit. Son groupe, Louise Attaque, avait invité le mien, Cornu, pour une trentaine de premières parties. Puis le temps a passé.
    Il a suffi d'un coup de fil. Sa réponse a pris deux jours. Il avait aimé Alice, il allait l'illustrer.
    Nous nous connaissons peu mais avec ce texte je lui en disais long sur mes angoisses, et il me répondait avec ses dessins. Nous n'avons pas eu besoin de nous parler, le projet s'est enfanté tout seul, comme une évidence. »  J. B.

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