• Suis-je orpheline de toi ou de l'absence de toi ? Tu vis désormais en moi comme le soleil de inuit, lactescent, éperdu de blancheur. Tu habites l'univers et mon arrière-monde. Je ne te cherche pas, tu es partout et introuvable. Tu es tapi dans le mohair des jours heureux. Tu es un lierre au feuillage persistant. La mort n'est pas une fin. Mon refus de ta disparition est tempéré par mon acceptation du monde.

    Cherchant à définir le lien qui l'unit à son père, Georges Wolinski, tué lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, l'auteur revit les jours sombres de janvier 2015 et interroge les confins rouillés de sa mémoire, à travers une écriture qui revient inlassablement sur le motif. Entre refus et acceptation, l'adieu au père devient un chant d'amour et de consolation.

  • Au milieu de sa vie, une femme revient sur la disparition de sa mère, morte dans un accident de voiture quarante ans plus tôt. La narratrice dit une enfance habitée par le fantôme d'une femme qu'elle n'a pas connue, dont elle poursuit les reflets changeants et trompeurs dans les photographies en noir et blanc, les bribes de confessions, les aveux arrachés à ceux qui ne veulent pas parler. Elle compose avec le silence d'une famille terrassée par le chagrin ; elle recompose les silences du père qui n'a jamais avoué que l'épouse l'avait trompé avec un écrivain. De cette liaison était né un livre, écrit par l'écrivain-amant, après la mort de sa maîtresse. La narratrice découvre ce livre à vingt ans, alors qu'elle vit au Kenya.
    C'est en Afrique, où elle s'est exilée, où elle s'est mariée, qu'elle trouve au fil des ans, sous l'équateur, la force de renaître. Elle devient femme. Elle devient mère à son tour. Le récit est ce double retour vers les années d'enfance tein-tées de tristesse et vers les années d'Afrique portées par le bonheur et la décision de vivre.

  • Le livre que tous les fans du film attendaient, signé des demi-soeurs Elsa et Natacha Wolinski, avec de nombreuses photos inédites des jumelles les plus célèbres du cinéma !

  • Gilles Coulon est invité cette année en résidence à Vichy pour la 5e Edition du Festival Portrait(s), membre de Tendance Floue il aborde la ville d'un oeil résolument humaniste. Durant ces mois d'hiver 2018, ces moments de répit pendant lesquels la ville se met en pause, Gilles Coulon s'est intéressé au dedans, à la vie intérieure des vichyssois, à leur relation aux autres, à leur relation au monde.
    En association avec le CAVILAM-Alliance française, centre d'enseignement du français langue étrangère de référence internationale, qui accueille chaque année plus de 4 000 stagiaires et étudiants étrangers à Vichy, il a pu, entrer dans les maisons, dans les cuisines, dans les chambres et percer l'intimité de ces familles d'accueil et de ces étudiants déracinés le temps d'un apprentissage.
    Il résulte de ces face-à-face en huis clos, une série de portraits contrastés qui mêlent pudeur, partage, exil, quotidien et ailleurs.
    Dans ces espaces privés, Gilles Coulon nous raconte la fragilité et la force du lien qui relie les peuples. Leur capacité à vivre ensemble et à se comprendre envers et contre tout. Leur résilience.
    Il nous livre des portraits puissants qui nous rappellent à ce que nous sommes. Un travail poétique et généreux qui capte l'invisible.
    Pas de Lost in Translation ici. Le langage est celui de l'âme.

  • Walking

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    Yusuf Sevincli reconduit la figure erratique du photographe marcheur, arpentant les villes et les trottoirs en quête de visages et de destins singuliers. Famillier des territoires urbains, il a multiplié les rencontres au cour de son séjour à Vichy en mars dernier, poussant la porte des bars, des restaurants, des associations, mais aussi des appartements et des maisons, prenant le temps de parler à chacun, créant un lien qui donne à chaque portrait une dimension intime.

  • Ces photographies proposent un Orient vu par FLORE entre imaginaire et réalité, entre intimité et illusion ; vision nourrie à la fois de l'enfance égyptienne de l'artiste et des grands textes littéraires.
    Nostalgie d'une époque où le lent voyage vers l'Orient mystérieux, était à la fois initiatique et synonyme d'aventure.
    Cette série est le résultat de plusieurs séjours autour du bassin méditerranéen (Egypte, Syrie, Turquie, Maroc, Andalousie, Tunisie).
    C'est une invitation au voyage que l'artiste nous offre ainsi dans la plus pure tradition orientaliste, images d'un rêve que la modernité ne saurait altérer.

  • Vichy est un lieu de parade et un théâtre d'ombres. Le photographe suédois Anton Renborg a longé des villas d'apparat, crâneuses sous l'excès d'ornements, approché des maisons closes et chétives, lovées sur leurs secrets. Il a croisé des visages marqués par le temps, fantômes de la Belle époque, et cadré des corps à peine sortis de l'enfance, déjà pressés de jouer à des jeux adultes. Il a entrouvert des portes aussitôt refermées, remonté des avenues larges et des sens interdits, bu à la source du regard des jeunes filles en fleurs et à la fontaine des Célestins, dont l'eau minérale éclaircit le teint des vieillards. Il livre les images d'une ville fondée simultanément sur le paraître et sur le caché. Quelques images seulement, un bouquet rare et syncopé de photos aux notes claires et de pages blanches, les clichés manquants d'une ville qui se lit aussi dans ses retraits. Anton Renborg construit ses récits en images comme des partitions. Il joue des assonances de couleurs, des tempos du paysage et des rythmiques architecturales. Il produit des photos nettes et sans affèterie, qui n'en sont pas moins des catalyseurs de fiction [...].
    Natacha Wolinski

  • Echelle 1:1 est une photographie de «paysage avec portrait». Ces portraits ont toutefois une particularité qui tient en un dispositif : un socle. Chaque personne est invitée à monter sur le socle, elle devient alors un personnage. Son propre personnage. Libre à elle, alors, de l'interpréter à sa guise. Il peut forcer le trait, se figer ou même disparaître : en haut de son socle, de -son piedestal- il n'y a plus ni bonne ni mauvaise posture.
    Prendre la pose sur un socle blanc L'artiste répond à une commande de la Ville, organisatrice de l'événement photographique Portrait(s) . Sa série intitulée Échelle 1 est le troisième volet de ce travail personnel, au long cours. Il l'a débuté à Fort Mahon, sur la côte picarde, puis, dans les jardins de Versailles pour un hors-série de Télérama. Voilà, pour le cadre officiel. Mais qu'est-ce qui anime ce photographe qui travaille habituellement pour la publicité ? « Il faut d'abord qu'il y ait le lieu. Cette photo prend de la force s'il y a un rapport entre le paysage et la personne. C'est comme au théâtre, il y a un décor et la personne devient un personnage, une figurine. »

  • Au premier abord, la vallée qui s'étend sur une dizaine de kilomètres peut sembler morte. D'une beauté à vous couper le souffle, mais déserte. Cependant, si l'on tend l'oreille, on se rend compte que dans cet environnement, les sons se propagent bien au-delà du regard. Il suffit de ranger la carte que l'on transportait et de s'engager sur les sentiers pour apercevoir les manifestations du vivant qui, alors que le soleil est au plus haut, s'est réfugié à l'ombre des oliviers. Si l'on prend le temps de suivre le bruit de la cloche qui pend au cou de la vache, le bruissement d'un torrent montagneux, les notes qui s'échappent d'un poste radio sur la plage, le bruit des sabots qui résonnent sur le sol ou encore le bruit du moteur de la Harley que l'on entend au loin, alors on peut entrevoir ce visage de la Corse qui, à défaut d'y prêter attention, risquerait de nous passer sous le nez.

    « Je suis tombé en amour avec la robustesse de l'île, et j'ai commencé à prendre mes propres notes et tenir un journal d'un endroit à un autre », explique Anton Renborg, photographe d'origine suédoise qui a sillonné l'Île de Beauté pendant quatre étés (2006 à 2009).

  • L'oeuvre de Gilbert Garcin est une comédie aux cents actes divers, comme disait La Fontaine de ses fables, mais sans un accompagnement de morale.
    Les images dans lesquelles il se met en scène ne sont ni des autoportraits, ni les chapitres d'une biographie imaginaire gratifiante. Bien au contraire, chaque photographie est autonome, figure une action parfaitement claire dans son déroulement et son but, et fait sourire des mésaventures de son protagoniste. C'est dire que toutes ces images sont marquées d'humour.
    Celui-ci est d'autant plus efficace que le climat de ces images se situe toujours dans un entre-deux, entre drôlerie et pathétique, entre amusement et angoisse, entre étrange et absurde.
    A l'heures des images virtuelles, Gilbert Garcin bricole de petites mises en scènes avec trois fois rien, de la colle, des ciseaux, quelques matériaux pauvres. Il multiplie les clins d'oeil, détourne les références, on pourrait dire qu'il s'amuse. C'est tout le contraire: il joue. Car Gilbert Garcin est le sujet et l'objet de ses propres images. Ce détour par soi serait-il un continuel retour sur soi ?

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