• L'oeuvre de Jean-François Maurige est fondée sur un rapport d'économie à la peinture. L'élaboration de son travail est née au début des années quatre-vingt, soit après l'avènement des deux avant-gardes que furent les mouvements Support-Surface et BMPT, qui réagissaient avec méthode contre la peinture abstraite héritée de l'École de Paris. La construction du tableau chez Jean-François Maurige naît d'un ensemble de contraintes que l'artiste met en oeuvre. Le protocole immuable de recouvrement de la toile reste inchangé. La discipline que s'impose l'artiste lui est nécessaire pour la réalisation du tableau.
    Ainsi partant d'un tissu industriel de couleur rouge, l'artiste en détache un rectangle qu'il agrafe au mur et qu'il recouvre d'une peinture blanche acrylique appliquée à la brosse, en oblique. Cette toile ainsi préparée est étalée au sol. L'artiste y inscrit alors par frottage une large bande verticale de couleur noire. Cette bande généralement centrale jusqu'alors l'est de moins en moins dans les tableaux les plus récents et vient jouer étonnamment avec le bord de la toile, ouvrant plus encore vers le hors-champ de l'espace du tableau. La toile est ensuite montée sur un châssis réalisé par l'artiste. Le peintre peut alors appliquer une couleur rouge dont la tonalité est variable (rouge-rose, rouge brique, rouge orangé) qui voit la naissance, au premier plan du tableau, de formes que l'artiste définit comme ses « figures ».

  • Sept films de l'artiste français en images (réalisés au bord de la rivière Han à Séoul, à Bamako, sur les rives du fleuve Niger et à Mopti, avec une caméra de vidéosurveillance...), avec un texte de Patrick Javault.

  • C'est avec Dance Floor, montrée notamment dans l'exposition " Au-delà du spectacle ", et déclinée depuis dans plusieurs versions, que Piotr Uklanski a obtenu une première reconnaissance internationale. Reconstruction réduite de la piste de danse de Saturday Night Fever, cette oeuvre faite de dalles colorées qui s'allument et s'éteignent, convertissait la vision euphorique de la boîte de nuit en une machine mélancolique et sans réel usage. Autre forme de mise en situation : Les Nazis, 164 portraits d'acteurs incarnant des officiers nazis à l'écran, images tirées de boîtiers de vidéos ou de magazines et agrandies. Diversement reçue et largement commentée, cette installation mettait en évidence la séduction du mal autant que le trouble de toute séduction. La série Joy of photography, entamée en 1996, comprend une quarantaine d'oeuvres. Reprenant le titre du plus populaire des manuels d'initiation photographiques, édité par Kodak, il s'agit de photos réalisées par l'artiste et qui toutes témoignent d'une recherche de la beauté du point de vue de l'amateur. Images qui fascinent peut-être par leur côté léché, la beauté des couleurs, leur flirt avec l'abstraction mais dont nous ne saurions localiser la source de cette fascination. Proches du vide et devant lesquelles les spécialistes en lecture de l'image se trouvent désemparés, elles peuvent apparaître comme un hommage nostalgique, et à peine distancié, à cette espèce en voie de disparition qu'est devenue la photo-amateur. Comme le dit Uklanski : " Aujourd'hui il y a soit la photographie professionnelle, soit l'appareil hi-tech qui fait le travail à votre place. L'oncle qui achète un filtre spécial pour photographier un coucher de soleil a disparu. " Certaines de ces photos ont été publiées dans des magazines, d'autres ont été exposées. C'est la première fois que Piotr Uklanski choisit d'en exposer un ensemble important en même temps et d'en réunir la totalité dans un livre, édité par les musées de Strasbourg, façon de rendre à ces vues dispersées l'hommage qui leur est dû. L'essai de Geoffrey Batchen replacera le travail de Piotr Uklanski dans le contexte de l'histoire de la photographie, celui de Patrick Javault portera plus spécifiquement sur la réalisation et la signification de la série dans le travail d'Uklanski. Un soin tout particulier sera apporté à la réalisation de l'ouvrage, véritable livre objet jouant avec les codes de la photo amateur.

    Patrick Javault, conservateur au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg, commissaire de l'exposition. Geoffrey Batchen, historien de la photographie

  • Première monographie de l'artiste luxembourgeois d'origine portugaise dont les recherches questionnent les notions de déplacement et de désir, de croyance et de doute, de mémoire et de perception de l'espace-temps.

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