• Auguste (27 avant notre ère/14 de notre ère) est le premier prince romain. Traditionnellement présenté comme froid, calculateur, manipulateur et hypocrite, parfois comme un caméléon, il s'avère être une personnalité infiniment plus complexe. C'est en homme providentiel, en instrument des dieux, qu'Auguste a souhaité se présenter. Celui qui accrut l'empire romain comme personne ne l'avait fait jusque-là fut par ailleurs le créateur d'un régime nouveau, le Principat, destiné à vivre jusqu'à la fin de l'Empire romain. Il est en même temps à l'origine d'une restauration destinée à répondre à une crise multiforme, tout à la fois politique, religieuse et morale. Enfin, Auguste fit de Rome une véritable capitale d'empire, capable de rivaliser, par sa splendeur, avec les cités grecques. Cette biographie suggère que, tout en ayant été le père d'un régime de nature monarchique, Auguste fut aussi et surtout un prince républicain, un homme toujours soucieux d'ancrer ses nombreuses réformes dans la tradition romaine, posture qui n'interdisait en rien l'innovation. Mieux encore, c'est le portrait d'un homme soucieux des attentes parfois contradictoires de ses contemporains qui se dessine : Auguste a su se glisser dans les plis d'un costume dont il ne fut pas seul maître du patron.

  • Mécène, descendant des rois étrusques, ami du premier empereur, Auguste, et personnalité phare de la fin de la République romaine et de l'Empire naissant, demeure aujourd'hui encore une figure méconnue.
    Tout à la fois diplomate, conseiller d'Octavien/Auguste et même, durant un temps, responsable du gouvernement de Rome et de l'Italie, il a joué un rôle majeur dans l'émergence d'un régime d'essence monarchique. Cet engagement politique lui a valu, de la part de ses adversaires sénateurs (et, plus tard, de Sénèque), un portrait noir. Son adhésion à l'épicurisme, notamment, fut instrumentalisée afin de décrédibiliser un chevalier qui jamais n'aurait dû revêtir les responsabilités qui furent les siennes au sein de l'État romain. C'est toutefois essentiellement en tant que protecteur des poètes, Virgile, Horace et Properce en particulier, que Mécène a laissé son nom à la postérité. Très vite, il a symbolisé l'âge d'or du patronage littéraire.
    Sous son égide, certaines des oeuvres majeures de la littérature latine ont vu le jour, l'Énéide en premier lieu. Il a été l'un des fers de lance d'une politique culturelle visant à donner à Rome une littérature capable de rivaliser avec celle du monde grec. Personnalité singulière ayant tout à la fois le goût de l'ombre et celui de la provocation, figure centrale d'un cercle épicurien qui servit sans doute en partie de thérapie à sa nature inquiète, Mécène est une figure hors norme de l'histoire de Rome.
    Résultat de cinq années de recherche, cette biographie renouvelle le portrait de Mécène, éclairant tout à la fois son action politique, son oeuvre de protecteur des lettres latines et les singularités d'un personnage peu orthodoxe, controversé et souvent incompris.

    Philippe Le Doze est agrégé, maître de conférences en histoire ancienne à l'université de Reims Champagne-Ardenne et membre du Centre d'Études et de Recherche en Histoire culturelle (CERHiCEA 2616). Il a publié Le Parnasse face à l'Olympe. Poésie et culture politique à l'époque d'Octavien/Auguste (2014).

  • Le costume du prince : vivre et se conduire en souverain dans la Rome antique d'Auguste à Constantin Nouv.

    Cet ouvrage se propose d'étudier les modalités d'élaboration d'un « archétype du prince », pensé comme une persona, un rôle ou un costume, dessiné par des normes qu'il s'agit de déterminer sur la durée de trois siècles, entre le règne fondateur d'Auguste et celui de Constantin. Il analyse la « construction collective » d'un modèle, répondant aux attentes des groupes sociaux qui y participent, suivant trois angles d'approche qui structurent les trois parties de l'ouvrage : la fonction de prince, c'est-à-dire sa place au regard des institutions et de l'espace de leur emprise ; la personne du prince, qui engage son habitus et son corps autant que sa formation, sa culture ou sa personnalité ; les relations ou les interactions avec les principaux acteurs nommés ci-dessus, renforçant l'approche situationnelle de ce « modèle ».

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