• Dressé par des biographes résolument hostiles à cet Auguste syro-africain, le portrait de Caracalla (188-217), fils aîné de l'empereur Septime-Sévère, ressemble à s'y méprendre à celui d'un Néron ou d'un Commode. L'historiographie, en effet, le dépeint comme un tyran et un soudard irascible et violent, un gnome meurtrier de son frère cadet, persuadé d'être habité par l'âme d'Alexandre le Grand. S'il est vrai que ce prince honni, fils aîné de l'empereur Septime-Sévère, est loin d'être un agneau sans taches, il promulgua pourtant une loi fondamentale, l'Edit de Caracalla, accordant à tous les hommes libres de l'Empire le droit de citoyenneté romaine.
    Comment expliquer qu'un être si détestable ait pu élaborer une loi si généreuse ? L'auteur s'emploie, dans cette biographie consacrée entièrement au bâtisseur des célèbres thermes qui portent son nom, à dresser un portrait nuancé du jeune prince devenu empereur au début du IIIe siècle après J. -C. Avec un regard original et un ton résolument épique, il présente les ressorts intimes d'une personnalité hors normes, offrant aux lecteurs le visage singulier d'un homme passionné par les arts et la guerre, attentif au sort de ses soldats et des plus humbles.
    Tout en circonvolutions, il reconstitue avec un soin minutieux les réseaux d'influence, les querelles de famille et de pouvoir, l'environnement politique, religieux et social d'un Empire menacé de toutes parts. Mais Caracalla garde heureusement une part de mystère et de noirceur sur laquelle l'auteur parvient à lever un coin du voile. De saint Augustin à Régis Debray en passant par Chateaubriand et Charles de Gaulle, il montre comment le célèbre Edit de Caracalla continue de fasciner et d'alimenter le débat public.

  • Les sortileges d'andrasta

    Pierre Forni

    • Max milo
    • 16 Janvier 2004

    Roman historique dans la Rome antique En Afrique du Nord, province romaine, Jason, fils de soldat, petit-fils d'esclave, voit son foyer détruit par un administrateur provincial et sa grand-mère emmenée en esclavage. Ivre de vengeance, il part pour la métropole, conquérir la gloire et la revanche.
    Historien, familier de la Rome antique, qui représente pour lui bien autre chose que l'image idéalisée de la culture classique, Pierre Forni raconte l'apprentissage éternel des jeunes hommes sur un fonds historique magistralement brossé.

  • La Vénus d'albâtre

    Pierre Forni

    • Tautem
    • 16 Novembre 2018

    Août 213. Caracalla, empereur à poigne, domine le monde romain. Un peu partout, de petites communautés chrétiennes se développent. Des ermites fuient la foule dans le désert. Certains se font même emmurer vivants dans des grottes ! Pendant ce temps, païens et chrétiens doivent apprendre à vivre ensemble dans les bourgs et les cités...
    C'est dans cette atmosphère électrique que s'embarque à Pergame Calvinus Leno, l'archiviste de l'illustre historien Dion Cassius. Il emmène avec lui son jeune assistant : Hiéroclès, fils d'une célèbre courtisane et d'un soldat romain inconnu. Tous les deux veulent participer au Grand Pèlerinage en l'honneur de la déesse Atargatis. Ce voyage va bouleverser la vie d'Hiéroclès. Il y rencontre Juba, un jeune marin africain dont il tombe éperdument amoureux. Après leur rupture, il se réfugie à Alexandrie. Dans la reine des villes, il survit, se transforme, se révolte, côtoie des personnages hauts en couleur : le fanatique chrétien Jean d'Édesse, le théologien Origène, le voluptueux maître gnostique Épiphane, les anachorètes masochistes du désert de Scétée. Et Timothée, le vertueux disciple de Jean d'Édesse, qu'il s'efforce par jeu de détourner du droit chemin.
    Trois années - une éternité ! - se sont écoulées depuis qu'il a quitté Pergame.

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