• Cet ouvrage permet de présenter la totalité des dessins autographes de l'artiste conservées au département des Arts graphiques du musée du Louvre.

    La collection des dessins de Laurent de La Hyre (1606-1656) comprend douze feuilles consacrées, à l'exception de deux, à des sujets religieux, une série de dix-neuf dessins relatifs à l'histoire de Saint-Etienne, préparatoires à la sculpture de la chaire de l'église Saint-Étienne du Mont à Paris et aux tapisseries qui devaient orner la nef de la même église. S'y ajoutent dix-sept esquisses à l'huile sur toile, peintes en grisaille, représentant le prophète Elie, le Christ, Saint Pierre et quinze fondateurs d'ordres religieux, entrées dans les collections nationales à la Révolution et préparatoires à la décoration du réfectoire du couvent des Minimes de la Place royale, également à Paris.
    Cet ensemble nous permet de voir comment l'artiste, qui n'est jamais allé en Italie, a pu s'enrichir des leçons du Maniérisme, et notamment de l'École de Fontainebleau, de l'Antiquité et des Maîtres de la Renaissance et du Baroque italien et flamand connus à travers la gravure. Il permet également de découvrir un artiste observateur, sensible d'une nature à la fois sauvage et civilisée et disciple de Girard Desargues (1591-1661), fondateur de la géométrie projective. Toutes ces composantes misées au service d'une foi catholique, riche et profonde, amènent La Hyre à créer un style personnel et classique, fait d'équilibre entre les lignes et les couleurs et de clarté.

  • Les débuts du xviie siècle voient se multiplier les jardins princiers en même temps que les cabinets de curiosités; dans l'enthousiasme botanique des années 1630, une vague de tulipomania déferle sur l'europe, excitant la verve satirique de la bruyère.
    Allemands, français, hollandais, italiens, scandinaves, sillonnent alors les mers à la recherche de plantes rares et de spécimens inconnus sur le pourtour de la méditerranée, aux amériques et jusqu'en extrême-orient ou au fin fond du pacifique. les dessinateurs qui fixent la luxuriance ou les raretés végétales de ces contrées lointaines ne reviendront pas toujours de ces expéditions: on connaît la fin tragique de l'expédition de lapérouse, en 1788; un siècle plus tôt, un navire hollandais coulé par un bateau français sombre avec une somme botanique inestimable décrivant 1200 plantes de l'île d'amboine.
    Dont une copie nous est providentiellement parvenue! a la même époque, maria sibylla merian part hardiment, seule avec sa fille, dessiner la faune et la flore du surinam. madeleine pinault sorensen, spécialiste éminente du dessin scientifique des xviie et xviiie siècles, brosse ici une fresque érudite de ce monde foisonnant des savants, dessinateurs, éditeurs et mécènes. elle souligne le rôle capital du dessin, outil d'observation directe mais aussi de transmission du savoir botanique, et détaille les innovations techniques dans la gravure et l'impression qui permettent aux éditeurs et libraires de diffuser plus largement ce savoir grâce à des images toujours plus parfaites.
    Complété par 40 pages de sources et références bibliographiques, l'ouvrage est riche aussi d'une centaine d'illustrations, dont 48 planches en couleurs aussi éblouissantes que variées dans leur approche de la botanique, de redouté au père plumier en passant par johann walter ou nicolas robert: lis martagon, fleur de la passion, pivoine, fleur de bananier, rose de noël, dragonnier. illustrent avec bonheur cette approche savante de la botanique.

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