• « Le parti-pris de l'évidence » pourrait servir de sous-titre au Désespoir des heures de pointe de Rebecca Wengrow. (...) Tout relève d'une évidence qui finit par être émouvante dans ce petit recueil de nouvelles brèves : les choses de la vie, de la famille, de l'école, des enfants, de la ville, de l'amour. Et, tout doucement, sans même que lecteur n'y prête attention, s'élève une petite mélopée, comme une prière douce, dite à voix basse, sans envolée ni hymne. J'ai pensé irrésistiblement à John Coltrane que j'adore : le « Psalm » de « Love suprême » qui célèbre l'humanité dans des sons à peine susurrés. (...) Le propos de Rebecca, c'est de dire la fragilité des êtres, des mères, des ados, des femmes amoureuses, des gens qui vont au travail. De dire qu'ils sont cassants comme du cristal. (...) » Léon Marc Levy, Directeur du magazine. Rédacteur en chef, à La Cause Littéraire.

  • Ils restèrent debout le plus longtemps possible, pour pouvoir se toucher. Sa main contre le dos trempé d'Eva. Elle remonta sa manche et lui tendit le collier bonbons enroulé autour de son poignet, comme elle lui aurait tendu son ventre. Il croqua le bleu, le rose, puis le jaune, débordant sur la peau fine et veineuse, là où la lame n'avait qu'à glisser pour laisser la vie s'enfuir. Derrière la vitre, les surveillants passaient et repassaient, hurlant de s'assoir. Pas le droit de se lever. Pas le droit de mieux se voir, de mieux s'aimer, pas le droit de tout ce qui pouvait faire le moindre bien. Pas le droit de tout ce qui pouvait rendre l'intenable, tenable.

    Il la regarde, il la fait rire, il la fait attendre, beaucoup. Trop. Jusqu'au jour, où il ne donne plus du tout de nouvelles... Quelques temps après... En passant sous les miradors, elle croit entendre les cris des résistants, mais c'est juste elle et son obsession. Ceux qu'elle n'a pas pu sauver d'une époque où elle n'était même pas née. Alors, elle va s'enfermer avec lui. Et l'embrasser, l'embrasser... Comme si le baiser pouvait le libérer...

  • Après un petit recueil de nouvelles très remarqué en 2006 « Une Etoile cousue main », Rebecca Wengrow nous emmène de nouveau dans son univers, celui qu'elle observe, qui est là, partout en elle, autour d'elle, la fragilité humaine.
    Le Désespoir des heures de pointe, ce sont sept nouvelles. Une urgence à dire comme il faut se dépêcher de vivre. Comment trouver un semblant de liberté quand le mécanisme du quotidien vous écrase, quand le souvenir est trop fort, quand la justice vous accable, que les ados sont à dos de mère et que l'armée rend les soldats fous. d'amour.

    « Il suffit juste d'observer le monde, de le ressentir, de le prendre en soi. Ecrire, c'est vivre » dit-elle.

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