• Années trente, alors que dans la chaleur de la Louisiane, ses ennemis manoeuvrent pour prendre sa place, Willie Stark, «l'enfant humilié» devenu gouverneur, se découvre un nouvel adversaire : le vertueux Juge Irwin. Le Boss charge alors Jack Burden, narrateur cynique en quête de sens, du fardeau de déterrer la vérité, car dans un monde de corruption « il y a toujours quelque chose à déterrer ». Mais déjà le Temps agit, le passé met en place le futur et tous les hommes du roi montent sur scène pour la tragédie à venir. De l'angélique Anne Stanton, à la diablesse Sadie Burke en passant par Adam l'esthète et Sugar-Boy le porte flingue, chacun jouera son rôle dans ce magistral roman à l'écriture époustouflante, qui de la vie donne son image la plus juste et poignante : celle de la fragilité.

  • « Être mort, pensa-t-il, c'était savoir que rien, jamais, ne serait autrement. Il pensa : Moi, je suis vivant. » Là où la guerre de Sécession bat son plein, quelque part en Virginie, Adam Rosenzweig décide de lutter pour la libération des Noirs. Animé par une grande soif de liberté et de justice, ce jeune Allemand d'origine juive pénètre au coeur d'une nature sauvage, soumise à la furie indomptable de l'Histoire. Dans un monde de faux-semblants et de violence, l'idéalisme d'Adam résistera-t-il au prosaïsme du réel ?

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Gérard Chauffeteau et Gilbert Vivier.

  • Dans ce livre où l'invention du récit, les retours de la mémoire et l'intrusion des événements font comme un tourbillon, les aventures et mésaventures de Jed Tewksbury sont toutes dominées par l'arrachement au Sud, la traversée de la guerre et la furieuse mais impossible liaison avec Rozelle.
    C'est qu'avec Un endroit où aller (1977), composé quand il avait déjà plus de soixante-dix ans, Robert Penn Warren, inoubliable auteur des Fous du roi (1946), n'a pas seulement écrit une superbe histoire tout imprégnée de relents autobiographiques, il a aussi livré les trois clefs de son propre royaume : l'amour au sens le plus déchirant, l'aventure sous l'angle presque médiéval de la quête, et le Sud dans la dialectique la plus mythologique de l'appartenance et du détachement.

  • « Savez-vous où il est, ce métèque ? » Et, avant qu'elle ait eu le loisir de répondre, prise dans son extase, il marcha sur elle et, à brûle-pourpoint : « Eh bien, il est mort ! Voilà où il est ! » Elle reprenait conscience et le regardait avec un sourire de pitié indulgente.
    « Mort ! Sur la chaise électrique. Coupable et exécuté ! Et vous savez pourquoi ? » Le drame dont voici l'épilogue forme la trame du roman, qui s'ouvre sur l'arrivée d'Angelo, un jeune et beau Sicilien, dans ce Tennessee où Cassie vieillissante veille son mari impotent.
    Un roman de Robert Penn Warren ne se laisse pour autant jamais réduire à une simple intrigue. Les personnages sont à vrai dire nombreux, les situations admirablement mises en place, aussi bien que les paysages ; et le pouvoir de fascination, dans un monde où le temps paraît figé, relève du plus grand art romanesque, celui qui porte la réalité à hauteur du mythe.
    Amours lavées dans le sang et relents de racisme habitent le roman tragique et envoûtant de Warren.

  • Le succès en librairie de L'Esclave libre (Phébus, 1998) a remis au jour l'oeuvre de Robert Penn Warren (1905-1989), romancier du Sud qui fut longtemps le grand rival de Faulkner. Les Fous du roi (prix Pulitzer 1946), sans doute son plus grand livre, nous fait assister au douteux combat qu'un homme peut-être sincèrement épris de justice entend livrer - seul d'abord ou presque contre les forces de la corruption et du mensonge. Nous sommes dans l'Amérique profonde du début des années 30, mais en territoire plutôt familier : trafics d'influence, combines et crapuleries en tout genre, histoires de sexe ou d'argent opportunément déterrées à l'attention d'un ennemi politique ou d'un " ami " devenu gênant . L'apprenti-sorcier, vite promis à ce qui ressemble à une ascension irrésistible sera à son tour rattrapé par un passé dont il a imprudemment remué les eaux troubles. Car le temps, ce grand oublié des ambitieux d'où qu'ils viennent, finit toujours par se venger, en y mettant parfois une terrible ironie. Et puis la violence, même au service de la meilleure cause, n'est jamais un instrument facile à manipuler... Un livre féroce et mélancolique, construit comme une partie d'échecs qui laissera, on le devine, la plupart des acteurs sur le carreau... et les survivants privés de bien des illusions.

  • All the King's Men is considered the finest novel ever written on American politics. Set in the 1930s, this book traces the rise and fall of Willie Stark, who resembles the real-life Huey "Kingfish" Long of Louisiana. Stark begins his political career as an idealistic man of the people but soon becomes corrupted by success.

  • Autant en emporte le vent n'a cessé de faire de l'ombre - fort injustement, comme on verra - à ce roman qui évoque avec magie le Sud à la veille de la guerre de Sécession...
    Et dont Raoul Walsh tirera l'un de ses plus grands films (avec Clark Gable et Yvonne De Carlo).
    Occasion de redécouvrir l'oeuvre de Robert Penn Warren, longtemps considéré comme le rival de Faulkner : enfant du Sud comme lui, et formidable raconteur.
    Amantha Starr, qui a perdu sa mère en venant au monde, file des jours somme toute heureux dans le beau domaine de Starrwood aux côtés de son père, riche planteur du Kentucky.
    C'est une brune piquante, originale - "différente", pour tout dire -, à qui l'avenir s'apprête à sourire, quand la mort de son père précipite son destin. Elle découvre ce que chacun dans la maison savait, et qu'elle avait toujours pressenti sans oser se l'avouer : elle est en réalité la fille d'une beauté noire qui avait partagé naguère le lit du maître de Starrwood ; elle n'appartient pas au monde des gens libres.
    Car règne encore la vieille loi du Sud : son père n'ayant laissé aucun testament en sa faveur, le domaine est mis en vente, et elle-même, en qualité de fille d'esclave, fait partie des lots que les acheteurs vont se disputer à l'encan...
    Un grand roman où se conjuguent toutes les ambiguïtés de la mauvaise conscience américaine.

  • Le cavalier de la nuit Nouv.

  • Par un après-midi de juin 1788 ou 1789, un trappeur d'aventure dénommé Lem Lovehart, vêtu d'une culotte de peau, de la veste de daim à franges des hommes de la Frontière et d'un bonnet de fourrure, s'arrêta près d'une rivière. C'est là, au fin fond du Tennessee, que s'élèverait Bardsville, une petite ville avec juste ce qu'il faut de légendes rafistolées et de héros en carton-pâte pour justifier des vies sans but et sans importance. C'est là qu'un siècle plus tard naîtrait et grandirait son arrière-petit-fils Bolton Lovehart, de service du dimanche en lectures de la bible. Puis. un beau jour, quand il aurait seize ans, le cirque viendrait à Bardsville. Quand il repartirait, Bolton Lovehart repartirait avec lui. Plus tard, alors qu'on le croirait en train d'écrire un livre sur l'histoire de Bardsville, il se mettrait à construire un cirque, dans le grenier. Puis il passerait à autre chose, continuerait de vivre, année après année, comme on vit lorsqu'on sait que dans le fond il n'y a que ça à faire. Vivre jusqu'à ce que la boucle soit bouclée, faire trois petits tours et puis s'en aller, rejoindre le cirque du grenier.

empty