• Parmi les grandes civilisations préhispaniques, les Mayas jouissent d'une popularité particulière, liée notamment au défi scientifique que représente la connaissance de ces cultures plusieurs fois millénaires dont les secrets se sont dévoilés progressivement au cours des deux derniers siècles. Des " cités perdues " mises à jour dans la jungle tropicale par les explorateurs du XIXe siècle aux multiples vestiges archéologiques que la télédétection découvre encore sous l'épais manteau végétal, en passant par les débats passionnés sur le supposé "effondrement " ou le déchiffrement d'un système d'écriture complexe et unique en son genre au Nouveau Monde, l'histoire et l'archéologie des anciens Mayas n'ont cessé de fabriquer du " mystère ", suscitant l'intérêt bien au-delà des cercles savants.
    Mais, pour certains, cette fascination se nourrit aussi d'un imaginaire exubérant, dans lequel les Mayas sont mobilisés pour questionner aussi bien les origines que les fins dernières de l'humanité. Massivement investis par la pseudo-science et les croyances " new age ", la culture et le passé des Mayas sont ainsi mis à toutes les sauces d'une cuisine ésotérique capiteuse, vendue pour satisfaire les besoins ou calmer les angoisses d'Occidentaux désorientés et en quête de sens.
    Il serait pourtant regrettable de limiter la place des Mayas dans la grande geste du genre humain à l'étonnante civilisation qui a bâti Palenque, Tikal ou Chichén Itzá et qui continue de nourrir les prophéties fantasques de quelques aigrefins de la pensée. Envisagés au présent, les Mayas, ce sont aussi des peuples autochtones d'Amérique centrale qui, après avoir subi les violences de la conquête coloniale, les ravages du choc microbien, la déshumanisation par le travail forcé, endurent toujours depuis, sur les terres de leurs ancêtres, le racisme, la pauvreté et l'exclusion.
    Dans un passé récent, ces peuples ont surgi sur le devant de la scène, pour le pire comme pour le meilleur, lors de l'effroyable et trop peu connu génocide qui a décimé et traumatisé les Indiens du Guatemala au début des années 1980, mais aussi en 1994, au moment où, par la voix du sous-commandant insurgé Marcos, ceux du Chiapas délivrèrent un message d'espoir et d'émancipation à portée universelle .
    Entre créations et destructions, entre oppressions et révoltes, entre fantasmes et réalités, ce livre nous invite à parcourir 3000 ans d'histoire de luttes et de passions.

  • Ce livre questionne l'origine de cette violence structurelle contemporaine, la guerre contre-insurrectionnelle qui ensanglanta le Guatemala de 1960 à 1996 et culmina entre 1980 et 1983 en massacres de masse frappant la population maya. Les contributions rassemblées ici décrivent et analysent les stigmates de l'histoire douloureuse de ce petit pays méconnu d'Amérique centrale tout en mettant en lumière les ressources dont il dispose pour sortir de l'impasse.

  • Peu visibles dans la documentation, les étrangers présents sur le territoire français au xviiie siècle, ont pourtant joué un rôle important en diffusant des modes, des savoir-faire et des connaissances nouvelles auprès de populations locales souvent plus accueillantes que les pouvoirs publics.
    Dans son ouvrage Sébastien Jahan dresse un portrait collectif des réfugiés catholiques irlandais, des domestiques noirs, des marchands savoyards, des prisonniers portugais, des artistes italiens... et bien d'autres figures pittoresques du monde de la route.
    À travers l'exemple poitevin, ce livre met en lumière la grande diversité des origines et des conditions des immigrants à la fin de l'Ancien régime, vous découvrirez grâce au travail de documentation de l'auteur, des bribes de vies et des pans de l'histoire souvent méconnus des sociétés d'autrefois et qui résonnent encore dans le monde actuel.

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