• C'est à l'occasion des soirées qu'elle organise dans son loft au 112 Chambers Street que Yoko Ono réalise ses premières peintures instructions : Smoke Paintings, Painting to Be Stepped On, Shadow Piece. À leur sujet, elle écrit en 1966 : « La peinture instruction divise la peinture en deux fonctions différentes : l'instruction d'une part et la réalisation de l'autre. L'oeuvre devient une réalité quand on la réalise. Les instructions peuvent être réalisées par de très nombreuses personnes de façon très différente. Cela permet à l'oeuvre d'exister sous d'infinies variations que l'artiste ne peut prévoir. Cela introduit la notion de temps dans l'oeuvre. » Ainsi, il est clair pour Yoko Ono que son oeuvre est d'emblée conçue pour être soumise à toutes les formes d'interprétation. Elle est, par définition, inachevée car réactualisée dans la durée, à chaque occasion, par qui le souhaite. Par conséquent, l'oeuvre se nourrit en quelque sorte de l'actualité, de l'histoire et de notre imaginaire, nous qui ne sommes pas seulement des spectateurs, mais des acteurs et des interprètes, désormais.

    C'est en 1969, avec l'invention des Bed-in et la complicité de John Lennon, qu'elle utilise les médias à des fins de communication pour faire passer des messages de paix. Son oeuvre est très largement interactive, elle investit tous les supports et les réseaux sociaux et engage un véritable dialogue avec l'époque.

    On peut s'interroger sur les raisons qui ont longtemps tenu le rôle de Yoko Ono pour mineur (en Europe notamment), alors qu'elle exerce une influence majeure dans l'invention de l'art conceptuel et de l'esprit Fluxus (qu'elle se refuse d'ailleurs à revendiquer). Elle nous dit « Oui » et « Imagine », message optimiste en des temps où la morosité semble gagner la terre entière.

    Aujourd'hui, l'oeuvre est incontournable, d'une extrême actualité, mais encore trop peu connue dans ses formes et sa congruence à l'époque. C'est une des raisons de cette rétrospective, qui se veut fidèle en tous points à l'oeuvre, notamment à la leçon de Yoko Ono : celle de l'expérimentation et du partage. Elle a choisi pour Lyon le titre Lumière de L'aube. Il est générique, car « Lumière » est l'un des mots clés de son oeuvre, il est en même temps ancré dans l'histoire de la ville car il ne peut pas ne pas rappeler l'étrange invention à laquelle les frères Lumière, ses géniteurs, ne prêtaient aucun avenir : le cinéma. Et pour une oeuvre si jeune, celle de Yoko Ono, ce titre est un très beau commencement, une très belle ouverture.

    Première rétrospective en France, cette exposition intitulée YOKO ONO Lumière de L'aube présente plus de cent oeuvres, des poèmes illustrés de 1952 aux grandes installations de 2016, mais aussi des films, des performances. Fidèle à l'esprit de l'oeuvre de l'artiste, l'exposition est à voir bien sûr, mais aussi à entendre et surtout à expérimenter.

  • Le catalogue rétrospectif du programme artistique urbain organisé dans le cadre de la 10e Biennale d'art contemporain de Lyon avec différents acteurs et différentes institutions culturelles et artistiques de l'agglomération : une traversée de la diversité des cultures visuelles, guidée par l'idée de la convergence et de la participation.
    Complétant le catalogue général de la Biennale 2009 (Le spectacle du quotidien) en explicitant la démarche et les enjeux singuliers du programme Veduta, cet ouvrage rassemble une documentation complète sur chaque projet et de nombreux textes des principaux acteurs, organisateurs et artistes, mais aussi de personalités impliquées dans la vie culturelle locale, de directeurs d'institutions internationales et de divers chercheurs - philosophes, anthropologues, sociologues... - qui reviennent sur l'expérience.

  • À l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Le Corbusier et dans la cadre de la Biennale d'art contemporain de Lyon 2015, Anish Kapoor a été invité à mettre en dialogue ses oeuvres avec le couvent de La Tourette, construit par Le Corbusier.
    Cette rencontre exceptionnelle renouvelle le regard tant sur l'architecture du couvent que sur les oeuvres elles-mêmes

  • Les fractures du temps laissent-elles paraître la durée ? face à l'impossible " omnitemporalité ", l'expérience de la durée.
    Le geste créateur, l'idée instantanée ou la satisfaction inspirée des artistes interrogent notre lien charnel au monde, qui oscille entre l'abandon au temps morcelé et des synthèses imaginaires. quand vénus exauce le désir de pygmalion, le sculpteur, de voir sa création accéder à la vie (ovide, métamorphoses), le poète atteste son rêve d'incarnation. des paradoxes de la physique (etienne klein) à la musique répétitive (daniel caux), du cinéma documentaire (yann kilborne) à la poésie de michaux (madeleine fondo-valette), de la synthèse autobiographique de paul valéry ou des réflexions de merleau-ponty sur l'intersensorialité (gérard wormser) aux méditations de heidegger (ingeburg lachaussée), ces esquisses indiquent les modalités contemporaines de notre présence au monde (françois hartog), dont le cinéma de wim wenders (jean-baptiste chantoiseau) ou l'oeuvre de georges perec (claude burgelin) portent particulièrement la marque.
    La sensibilité n'est qu'un autre mot pour dire notre présence au monde. cet ouvrage approche l'expérience de la durée à travers diverses expressions où s'entrelacent l'attente et l'oubli, le rêve et le récit. ce souci anime l'action des commissaires d'exposition (nicolas bourriaud et jérôme sans) et des artistes d'aujourd'hui (kader attia).

empty