Chanson de geste

  • Anseÿs de Gascogne est une chanson de geste composée au milieu du XIIIe siècle, vraisemblablement en Flandre francophone. Elle se propose implicitement (avec Yonnet de Metz et la Vengeance Fromondin) comme l'une des conclusions possibles de la Geste des Loherains, mais elle n'en respecte nullement l'intention, puisque les Lorrains y sont menés à leur perte. oeuvre d'un poète cultivé bien au fait des exigences formelles de la chanson de geste, elle intègre quelques développements non épiques (enchanteurs, légende du Bois de la Croix, etc.) - et laisse transparaître des intentions politiques en donnant la part belle au comte de Flandre et aux seigneurs du Nord au détriment du roi de France et des Lorrains.

    Édition par Jean-Charles Herbin et Annie Triaud d'après le manuscrit Paris BNF fr. 24377 avec les variantes de tous les autres manuscrits.

  • La présente traduction d'Aiol permettra, nous l'espérons, de compléter notre édition du manuscrit, tout en offrant une lecture plus largement accessible de ce récit multiforme que Paul Zumthor, dans son Histoire littéraire de la France, a qualifié de « sorte de roman réaliste mi-satirique, mi-héroïque ». Aiol entreprend la reconquête des fiefs et des honneurs de son père Élie, injustement exilé par l'empereur Louis, à cause des calomnies du traître Makaire ; il assurera, dans le même élan, son statut de chevalier valeureux, après avoir quitté, naïf et pauvre, sa forêt natale. Ses aventures trépidantes et sans cesse renouvelées, nourries par une riche thématique, permettent à l'auteur de jouer sur plusieurs registres. La tonalité guerrière et violente de l'épopée tient, certes, une grande place, mais celle, plus sentimentale, du roman colore les amours contrariées du jeune héros avec Mirabel, la belle Sarrasine ; l'influence du fabliau se fait aussi sentir dans la part accordée au rire et à la dérision, quelquefois la plus grossière. La traduction, vers à vers, a tenté de refléter le rythme parfois heurté, mais allègre, de l'original de ce long poème.

  • Vraisemblablement composées dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les monumentales Enfances Renier mettent en scène l'extinction du lignage de Guillaume d'Orange et l'ascension du petit-fils du célèbre Rainouard au tinel. Enlevé à sa nourrice, Renier, fils de Maillefer, est vendu par son ravisseur à un marchand qui le remet en tribut à l'émir de Venise. Jeté aux lions, l'enfant est recueilli par la fille de l'émir. Cette dernière décide de l'élever en secret. Auréolé de tous les dons, Renier connaît une enfance, puis une adolescence heureuses, jusqu'au jour où il prend conscience qu'il est un trouvé. Ignorant les larmes de sa protectrice, qui s'est éprise de lui, il part en quête de ses origines. S'ensuit une série de péripéties qui voit le héros retrouver ses parents, épouser sa promise et aider l'héritier du trône de Grèce à reconquérir ses terres. Empreinte de romanesque, cette chanson de geste tardive, sans doute remaniée par un trouvère qui aurait suivi Charles d'Anjou en Sicile, prolonge, parachève et dépasse la geste guillaumienne. Grâce à cette traduction, le lecteur d'aujourd'hui pourra apprécier un précieux témoin de l'évolution du genre épique au tournant des XIIIe et XIVe siècles.

  • Aiol, chanson de geste conservée par un seul témoin, constitue, avec Elie de Saint-Gilles qui la précède dans le manuscrit, la « Geste de Saint-Gilles ». Mêlant les exploits chevaleresques au comique parfois le plus cru, le poème relate les aventures du héros éponyme, célèbre au Moyen Âge pour sa naïveté et sa pauvreté. Aiol part à la reconquête des biens et de l'honneur de son père Elie, calomnié par le traître Makaire et exilé par l'empereur Louis. Ses périples le conduiront à travers la France, en Espagne, et même au-delà de Venise : il deviendra un redresseur de torts et un pourfendeur de brigands, affirmera sa valeur morale et gagnera une épouse, la belle Mirabel. Avec ses 11 000 vers, cette chanson enchaîne, sur un rythme soutenu, les épisodes les plus variés et propose un tableau assez complet de la thématique épique à la charnière des XIIe et XIIIe siècles. La copie picardisante du texte associe alexandrins et décasyllabes d'une coupe très rare (6/4).

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