Mazeto Square

  • Dans la glorieuse histoire des écuyers célèbres, La Guérinière mérite la place d'honneur : non que l'on ne puisse trouver, parmi ceux qui l'ont précédé ou suivi, un théoricien plus savant ou un praticien plus habile; mais nul n'a eu sur l'enseignement de l'équitation en France une influence comparable à la sienne. Et pourtant, si nous avons tous entendu parler de La Guérinière, combien peu d'entre nous ont lu l'Ecole de cavalerie! Il est vrai que les éditions de cet ouvrage ne sont pas très répandues, et qu'en outre, ceux qui ont la chance d'en posséder un exemplaire ont pu être rebutés, lorsqu'ils en ont entrepris la lecture, par les nombreux sujets accessoires qu'a traités l'auteur. En somme, c'est seulement dans une centaine de pages qu'il faut chercher la doctrine de La Guérinière. C'est cette sélection qu'il nous a paru intéressant d'opérer dans le texte de l'Ecole de cavalerie, afin d'en rendre l'étude plus facile et plus attrayante, au travers de ces pages choisies. Quant aux notes qui accompagnent le texte, nous n'avons eu en les rédigeant d'autre but que de mieux faire voir combien les traditions classiques sont étroitement liées aux pratiques les plus modernes de l'équitation.

  • Les écuyers à grande réputation étaient loin de supposer qu'on pût trouver un jour des procédés plus simples et plus naturels que ceux qu'ils pratiquaient, et qu'on pût arriver à faire beaucoup mieux. Je dois cependant le dire à leur louange, s'ils sont restés stationnaires, ils ont montré, d'autre part, une sagesse qui, bien que routinière, avait le grand avantage de ne pas extrapasser les chevaux, et s'ils n'ont pas fait progresser l'art, ils ne l'ont pas du moins fait rétrograder. L'ouvrage que je livre aujourd'hui au public démontrera que, si ma méthode donne les moyens de faire vite, elle enseigne aussi à bien faire, puisque tout y est défini, gradué, raisonné ; tout se suit et s'enchaîne dans mon système : chaque mouvement est la conséquence d'une position qui, elle-même, est produite par une force transmise. Ce n'est donc jamais le cheval qui est fautif, c'est le cavalier ; et dès lors plus de cravache, plus de chambrière pour châtier ce qu'on appelle la désobéissance ou la méchanceté de l'animal. J'explique, je fais comprendre pourquoi, dans certains cas, il refuse d'obéir, et j'indique les moyens de le disposer à bien faire. Je soutiens que le cheval n'a jamais tort, et je le prouve.

  • Soumettre un cheval à l'obéissance, l'approprier à nos besoins, en conservant et développant les qualités qui lui sont propres, constitue l'art de l'équitation. Le talent consiste à savoir employer l'action équestre en raison du degré de facultés du cheval, de sa nature et de ses instincts, de telle sorte qu'il accepte sans résistance la domination de l'homme, et soit amené à l'obéissance la plus passive, tout en conservant une certaine liberté d'action, nécessaire à la manifestation de ses plus brillantes qualités. Par conséquent, toute exigence qui tendrait à lui faire exécuter des mouvements forcés, doit être proscrite par une équitation rationnelle, d'autant plus qu'elle aurait pour effet inévitable de l'abrutir et de le ruiner. Le cheval se meut en raison des sensations qu'il éprouve, va où on le dirige, accepte le soutien qu'on lui offre, et cède aux résistances et à la douleur : c'est donc en raison de la manière dont ces sensations sont produites que ses forces sont mises en jeu et qu'elles déterminent tous les mouvements. Le cavalier doit chercher à apprécier la valeur de ces diverses sensations, de manière à les solliciter en raison des effets qu'il veut obtenir.

  • Dans la pratique de la haute équitation, la position que le cavalier doit observer est la position académique, qui ne devra s'altérer à aucun moment du travail. Dans les changements de direction, pour rester en parfaite harmonie avec le cheval, la disposition que le corps du cavalier doit affecter ne devra pas précéder celle que prend sa monture, ni même la suivre, mais l'accompagner. Il y a là une nuance que devra sentir le cavalier pratiquant l'équitation savante, et qui fait qu'il se liera de la façon la plus intime à son cheval. Il en est de même pour tous les mouvements, et particulièrement pour les changements de pied, que le corps du cavalier ne doit surtout jamais accuser. Les déplacements d'assiette sont proscrits en toutes circonstances, le cavalier devant toujours rester soudé à son cheval. Les opérations des mains, des jambes doivent être assez secrètes pour que l'oeil ne puisse les saisir. Enfin, tout ce qui peut attirer l'attention sur sa personne doit être évité par le cavalier. C'est le cheval qui est l'exécutant, et le cavalier n'a qu'à s'efforcer de s'identifier avec lui.

  • Destiné, dès mon enfance, par ma famille, à suivre la carrière équestre, que mes parents, les vicomte et chevalier d'Abzac, avaient illustrée, j'ai fait tous mes efforts pour arriver à remplir le but qu'elle s'était proposé. J'ai consulté et étudié avec ardeur les ouvrages de nos devanciers ; mais, si j'ai obtenu quelque succès dans mon travail, je suis heureux de publier hautement que je le dois aux principes que j'ai puisés dans les ouvrages de deux écuyers modernes du plus grand mérite, qui, avec des principes différents, ont concouru tous les deux à répandre la lumière sur l'art de l'équitation. En général, on dit que les extrêmes se touchent. Je m'appuie sur cet axiome pour certifier que j'ai la conviction réelle que les méthodes opposées de ces deux écuyers peuvent s'harmoniser parfaitement ensemble en se faisant, bien entendu, quelques concessions mutuelles. Je baserai donc l'opuscule que je viens livrer à la publicité, sur les observations que ces deux auteurs m'ont fait faire ; et sur l'expérience que j'ai faite moi-même dans l'étude et la pratique de l'équitation.

  • Vous remarquerez donc, Sire, s'il vous plaît, quelle est sa posture, depuis la tête jusqu'aux pieds, regardant comme quoi il tient les rênes de la main gauche, le pouce dessus, et le petit doigt par dessous entre les deux, pour les séparer. Comme de la main droite il lève le bout des rênes en haut à bras déployé, pour bien ajuster la bride dans la main. Considérez la gaité de son visage, car c'est une des parties très requise au chevalier, d'avoir la face riante, en regardant quelquefois la compagnie, sans guère tourner ni çà ni là, afin que cette gaité fasse connaître qu'il n'est point embarrassé en ce qu'il fait. Avisez aussi de quelle force il est dans le fond de sa selle, sans presque en toucher que le milieu, se gardant de rencontrer l'arçon de derrière, de peur d'être assis ; car il faut être droit, comme vous le voyez, de même que quand il est sur les pieds. Regardez les postures de ses jambes avancées, et le bout de son pied s'appuyer fermement sur l'étrier proche de l'épaule, le talon assez bas et tourné en dehors, en sorte qu'on peut voir la semelle de ses bottes. Voilà, Sire, la posture que je désire à mon écolier.

  • L'homme est droit lorsque le centre de gravité de son corps distingué de la puissance de ce même corps est exactement posé sur le centre de gravité du cheval droit, les parties du corps humain sont exactement symétrisées autant qu'il se peut, selon la nature du travail. Les opérations des jambes vont directement attaquer le centre de gravité du cheval pour le faire mouvoir. Les rênes maintiennent les parties du cheval en équilibre autour de ce centre, et par conséquent les mains agissent parfaitement selon les lois prescrites. Il est rare de trouver un homme qui soit souvent bien combiné avec son cheval pour former le droit ; ce point est presque indéfinissable dans la nature ; il est si imperceptible qu'on en approche difficilement : le plus ou le moins décide des talents de l'écuyer. On pourrait définir l'équitation, l'art de mettre l'homme et le cheval droits l'un sur l'autre. C'est à ce centre que viennent aboutir toute la théorie et toute la pratique possible ; centre que tout le monde cherche, que peu rencontrent et qu'un plus grand nombre place où il n'est pas, et où il ne saurait être, et cela parce que l'homme veut être inventeur et ne pas se soumettre à la nature.

  • Un cavalier doit pouvoir faire partir à volonté le cheval sur le pied droit ou sur le pied gauche ; il doit également pouvoir le faire changer de pied lorsque, pour tourner à droite ou à gauche, il ne se trouve pas sur celui que réclament impérieusement les lois de gravité, d'équilibre et de locomotion. Essayez un demi-tour à droite lorsque le cheval galope sur le pied gauche, il refusera, car il est forcé de s'arrêter ou de perdre l'équilibre. S'il obéissait, ce ne serait qu'entraîné par l'effet de la main ; semblable alors au danseur de corde qui n'a plus que deux ou trois pas à faire avant de tomber ou de rétablir le centre de gravité, il n'obéirait que pour deux ou trois foulées seulement, car s'il ne changeait de pied, la jambe droite croisant la gauche, qui ne pourrait suivre la direction imprimée, l'équilibre serait détruit et le cheval exposé à s'abattre. Bien que difficile à apprendre, le galop est une allure facile pour le cheval dressé ; l'expérience lui enseigne si bien alors à se mettre de lui-même sur le bon pied, qu'il devient souvent fort difficile de le faire galoper à faux.

  • De tout temps, sans doute, les très bons écuyers ont été rares ; il semblerait qu'avare de ses secrets, l'art n'eût voulu successivement y initier qu'un très petit nombre de favoris. Et c'est eux qu'il nous offre encore pour modèles dans ces noms jadis révérés et longtemps cités avec orgueil dans les annales de nos anciens manèges ; tels que les Lubersac, Neuilly, d'Auvergne, et quelques autres, leurs contemporains ou leurs disciples. Mais à ceux-là même je me permettrai de leur adresser ici le reproche de n'avoir pas assez fait en faveur d'un art auquel ils ont dû dans le temps leur renommée ; ils se seraient acquis de véritables titres à la reconnaissance des générations qui leur succèdent, si, en leur laissant le souvenir ou la tradition de leurs brillants succès, ils eussent indiqué la vraie source où ils avaient puisé la supériorité de leurs talents. Enfin, un traité élémentaire en cette partie deviendrait aujourd'hui un monument d'autant plus précieux, que le nom et la célébrité de son auteur lui donnerait un plus haut degré d'autorité.

  • Voici cinquante ans que je monte à cheval, et il n'y a pas plus de dix ans que j'obtiens le rassembler parfait. Pendant de longues années je sentais continuellement le rassembler m'échapper par le déplacement du centre de gravité, soit en avant, soit en arrière. Il a fallu affiner singulièrement mon tact, et, par suite, mes aides, pour arriver au rassembler complet et pour le garder dans le maximum de l'impulsion. Voilà le fin du fin de l'équitation. Le rassembler continuel, non plus même seulement dans les mouvements de côté ou tournants, mais dans tous les mouvements, quelles que soient leurs combinaisons, c'est le raffinement suprême, c'est la pleine possession de l'idéal. Alors, en effet, les deux organismes sont à ce point combinés, l'homme est si bien entré dans le cheval, la perception des effets du cheval arrive si directement et si rapidement au cerveau de l'homme, chaque action de l'homme répond si sûrement, à point précis, à une action correspondante du cheval, que celui-ci s'y attend, s'y prête, s'y conforme instantanément. Dès lors, le cheval n'a plus en réalité que des actions réflexes : il n'y a plus qu'un cerveau, celui de l'homme. J'avais bien raison de dire que c'était l'idéal rêvé.

  • Je conseille de ne jamais choisir pour cheval de bataille, un cheval fougueux. A l'égard du cheval mou, j'exhorterai seulement à le traiter d'une manière toute opposée à celle qui convient au cheval ardent. Si on veut avoir un cheval de guerre qui, en même temps, soit agréable et brillant, on doit ménager sa bouche avec soin, et ne pas l'endurcir dans les aides du talon et de la gaule ; c'est le seul moyen de lui conserver du brillant. Lorsque l'on fait porter le nez au vent à un cheval, on l'empêche de voir son chemin, ce qu'il aurait fait sans cela ; et à force de le frapper et de l'exciter avec les talons, on lui trouble la tête, et il va se précipiter dans les dangers. C'est pourtant ce qui arrive à ceux qui ne sont point dressés, qui sont mal placés, et qui n'ont point connaissance des aides. Si quelqu'un cherche à mener un cheval avec une main très légère et avec liberté, en sorte qu'il place bien sa tête, et qu'il soit relevé comme un coq, qu'il s'attache à demander à son cheval des actions qui soient dans la nature : voici à quoi l'on verra qu'il y prend plaisir.

  • Un jeune cheval, que l'on veut former pour le manège, doit être mené de manière que les progrès de son exécution suivent le progrès de ses forces : ainsi l'essentiel est, qu'il ne lui soit rien demandé au-delà de ses moyens. L'équitation n'est point l'art de faire exécuter à l'animal des mouvements extraordinaires, mais celui de disposer de ses forces par un juste emploi ; et envisagé de cette manière il n'appartient qu'à un très petit nombre, de ceux qui l'exercent, d'y exceller. On croit communément que l'ardeur tient au tempérament du cheval, que c'est une chaleur du sang qui anime son action : il se pourrait cependant que cette disposition dépendît de sa finesse ; mais il est difficile, dans une question de cette nature, de parvenir à une certaine évidence ; c'est un de ces secrets que l'on ne peut pénétrer qu'à l'aide des probabilités. Néanmoins, si on voyait un cheval ardent se calmer sous la main habile d'un excellent écuyer, cette question serait résolue pour les témoins ; mais quand on écrit, pour convaincre, des faits isolés, ce sont de faibles preuves, si l'on n'y joint des raisonnements qui en expliquent les causes.

  • Cet amour du cheval commença à s'emparer de moi dès ma première enfance. Quel que fût le jeu auquel je me livrais, je ne pouvais entendre un cheval passer dans la rue, sans courir à la fenêtre pour le voir ; rien ne me retenait. Mon père, en quittant le service, avait conservé un cheval. Ce cheval était une jument fort belle, dont je pourrais, aujourd'hui encore, faire le portrait exact. Elle s'appelait Cocotte ; sa robe était alezane et bien dorée. J'avais conservé précieusement de ses crins et peut-être qu'en cherchant bien, je les retrouverais encore. C'est sur elle que j'ai fait mes premières armes, comme enfant, puis comme petit jeune homme. Lorsque j'étais tout enfant et que la jument allait à la promenade, j'attendais patiemment son retour près de la porte de la rue. Aucun attrait de jeu, ou autre, n'aurait pu me faire quitter mon poste, et cela pour être hissé sur le dos de la jument, à son retour de la promenade et faire les quarante ou cinquante pas qui séparaient la porte de la rue de la porte de l'écurie. Comme Cocotte était très douce, on me la laissa monter en toute liberté vers ma treizième année. C'est alors que ma mère me transmit, dans les limites du possible, les principes équestres qu'elle avait reçus de son père.

    La collection Le pied à l'étrier vous propose de redécouvrir les écrits de ceux qui ont marqué de leur excellence, l'histoire de l'équitation française. De tout temps, nombreux sont les écuyers qui ont voulu transmettre par écrit le fruit de leur expérience acquise au contact du cheval. Ces manuels d'équitation nous en apprennent beaucoup sur les besoins équestres selon les époques : hier, il fallait développer la cavalerie militaire, alors qu'aujourd'hui nous pratiquons une équitation de loisir. Malgré cela, les grands préceptes qui régissent l'équitation classique française n'ont presque pas évolué. Dès l'origine, l'homme de cheval éclairé avait su comprendre l'essentiel de sa monture.

  • La recherche, la conservation de la légèreté, doit être la préoccupation constante du cavalier. On entend par ces mots « légèreté à la main », la qualité du cheval qui obéit aux aides sans peser à la main, sans que celle-ci éprouve la sensation d'un poids plus ou moins difficile à déplacer ou d'une force qui résiste à son action. La légèreté se reconnaît donc à l'absence de résistance aux effets du mors de bride ou de filet ; la simple demi-tension d'une ou de deux rênes doit provoquer la mobilité moelleuse de la mâchoire inférieure sans que la tête bouge, sans que l'ouverture de la bouche soit sensiblement apparente ; et la langue de l'animal doit faire alors sauter l'un des mors sur l'autre, ce qui produit par moments un bruit argentin ; ajoutons que cette mobilité moelleuse doit persister pendant un certain temps et non cesser brusquement. Telles sont les conditions dont l'ensemble constitue la vraie légèreté. Elle est pour le cavalier l'indice révélateur et infaillible de l'équilibre parfait de son cheval tant qu'elle subsiste sans altération.

    La collection Le pied à l'étrier vous propose de redécouvrir les écrits de ceux qui ont marqué de leur excellence, l'histoire de l'équitation française. De tout temps, nombreux sont les écuyers qui ont voulu transmettre par écrit le fruit de leur expérience acquise au contact du cheval. Ces manuels d'équitation nous en apprennent beaucoup sur les besoins équestres selon les époques : hier, il fallait développer la cavalerie militaire, alors qu'aujourd'hui nous pratiquons une équitation de loisir. Malgré cela, les grands préceptes qui régissent l'équitation classique française n'ont presque pas évolué. Dès l'origine, l'homme de cheval éclairé avait su comprendre l'essentiel de sa monture.

  • Le vrai reculer est constitué par la légèreté du cheval (tête verticale, mâchoire mobile), la balance exacte de son corps, et l'élévation à la même hauteur des jambes par la diagonale (horizontalité des forces.) Le reculer est assez pénible les premières fois pour le cheval ; il le dispose souvent à combattre les effets de la main par la raideur de l'encolure, et les effets de jambes par la contraction de la croupe. L'assouplissement de ces diverses parties prévient les brusqueries et les violences du cheval, qu'il est si essentiel d'éviter. II faut que les jambes du cavalier précèdent l'effet de la main, pour que l'action qu'elles communiquent à l'arrière-main fasse quitter le sol à une des deux jambes postérieures : c'est alors que la pression immédiate du mors, forçant le cheval à reprendre son équilibre en arrière, amène le résultat désiré. On se contente d'abord d'un seul pas, puis de deux ; mais on n'en demande jamais d'autres que par l'emploi des mêmes moyens. Il faut toujours déplacer les points d'appui avant de poser dessus la masse qu'ils doivent supporter.

  • Dans le dressage aux jambes, le cavalier devra avoir soin de ménager la sensibilité du cheval pour ne pas l'émousser et se réserver la faculté de graduer ses effets. Si, dès le début de ce dressage, on impressionne énergiquement le cheval, on ne tardera pas, suivant son caractère, à l'affoler ou à lui donner une insensibilité dont on ne le réveillera plus que par des attaques violentes excluant, dans l'habitude de l'équitation, toute finesse et toute graduation. On fera d'aussi mauvaise besogne qu'un pianiste ferait de la mauvaise musique sur un instrument qu'il ne pourrait faire vibrer qu'en le frappant à tour de bras. Le cavalier devra donc proportionner la force de son action au degré de sensibilité du cheval et ne demander à cette action que de déterminer la volonté de l'animal. Il évitera ainsi d'irriter son cheval en excitant sa nervosité plus qu'il n'est utile, et il ménagera toute la puissance de son moyen d'action le plus important.

  • Quelles que soient ses qualités de tempérament, sa force de résistance et sa docilité, le cheval de selle n'est réellement complet qu'autant qu'il est franc, sûr et adroit à franchir les obstacles de toute nature qui peuvent se rencontrer en rase campagne. Le cheval apprend à sauter comme il apprend autre chose. Si l'on rencontre quelquefois des chevaux sautant bien sans avoir appris, il n'est pas permis de croire qu'une instruction méthodique eût nui à des dispositions aussi exceptionnelles. Le cheval de troupe ne possède que très rarement un naturel aussi heureux. C'est un animal de routine et de peu d'initiative ; il ne sait plus marcher dès qu'il ne fait plus partie d'un peloton. Cette manière d'être est la conséquence inévitable du travail d'ensemble dont on faisait abus avant l'adoption du travail individuel. Plus que tout autre, le cheval de troupe a besoin d'apprendre à sauter avec méthode et d'être parfaitement confirmé dans son instruction ; c'est alors seulement qu'il rend de bons et durables services et qu'il est l'objet des soins les plus assidus de la part du cavalier qui le monte, et qui sait par avance qu'il peut avoir pleine confiance en lui dans un moment donné.

  • Qu'est-ce qui nous fait courir aux écuries ? 80 % des adhérents des centres équestres sont des cavalières, l'équitation étant le premier sport féminin en France. Le cheval apporte un formidable sentiment de liberté et de communion avec la nature, mais pas seulement... Être en contact avec un cheval, c'est entrer dans un espace sensible, énergétique et sincère. Les femmes, qui ont plus tendance à se connecter avec leurs émotions, iraient à la rencontre d'un être émotionnel qui leur ressemble. Apolline et Antonia vous proposent de mettre en lumière, développer et gérer vos émotions et vos sensations avec le cheval. Leur approche novatrice et multiréférentielle aidera chaque cavalière à améliorer sa relation intime avec les chevaux, et à vivre chaque moment de partage avec son partenaire équin comme une source de bien-être.

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