• Qu'est-ce que le théâtre? Pour Molière, c'est l'« étrange entreprise [...] de faire rire les honnêtes gens ». Victor Hugo y voit un art qui « doit faire de la pensée le pain de la foule », et Louis Jouvet « un objet qui soit comme un vrai objet et qui soit faux ». Siècle après siècle, le théâtre fourmille de trajectoires romanesques en diable, de songes et de rêveries, de conflits et de complots, de drames et de passions. Témoin de l'Histoire, du temps, de l'évolution des moeurs et des révolutions esthétiques, il secoue, provoque, séduit, traite d'à peu près tout et cultive aussi bien la surprise que l'émerveillement. Flânerie à travers les rages et les espoirs de quelques caractères bien trempés qui n'ont jamais sacrifié leur talent au moule du conformisme, ce « goût du théâtre » se savoure en compagnie de Sarah Bernhardt, Bertolt Brecht, Albert Camus, Jacques Charon, Denis Diderot, Alexandre Dumas, Dario Fo, Charles Dullin, Eugène Ionesco, Henry de Montherlant, Giorgio Strehler, Jean Vilar...

  • Durant les années 1974-1975 et 1975-1976, Roland Barthes a tenu son séminaire à l'École pratique des hautes études sur le thème du discours amoureux. De là sont nés ses célèbres Fragments d'un discours amoureux. Le présent volume en propose donc la généalogie et permet de mesurer la différence entre le travail du professeur et celui de l'écrivain : fragments en germe dans le Séminaire mais non retenus pour l'édition définitive, postface (« Comment est fait ce livre ») finalement sacrifiée.

    On retrouve à la lecture de ce séminaire les fulgurances de Barthes (« Sentiment raisonnable : tout s'arrange - mais rien ne dure. Sentiment amoureux : rien ne s'arrange, et pourtant cela dure »), nourries, comme le veut le genre, de multiples références.

    Servie par un remarquable travail d'annotation, l'édition de ce texte privilégie la lisibilité pour le lecteur d'aujourd'hui.

  • Quand est né le roman ? Qu'est-ce qui caractérise l'oeuvre de Dostoïevski ? Quelle est la différence entre mélodrame et tragédie ? Qu'est-ce qu'un roman graphique ?
    Cet ouvrage donne un aperçu de la littérature du monde entier, de ses origines - avant même l'apparition de l'écriture - à l'époque contemporaine. Des chefs-d'oeuvre de la littérature ancienne, sanskrite, médiévale ou moderniste y sont présentés, aux côtés des plus mémorables romans d'amour, historiques ou de science-fiction, ainsi que des fleurons de la poésie et du théâtre. Vous y découvrirez les principaux styles et procédés littéraires, tels que l'ironie, l'allégorie ou la satire, auxquels les écrivains ont recours pour nous divertir, nous faire réfléchir, nous émouvoir ou nous tenir en haleine.
    Riche en anecdotes savoureuses et ponctué de portraits d'écrivains marquants, ce livre de « vulgarisation intelligente » richement illustré vous transportera, à travers la littérature mondiale, vers des horizons proches ou lointains, réels ou imaginaires, pour aborder d'autres cultures, d'autres manières de penser, d'être ou de vivre.

  • L'expérience poétique consiste à mettre des mots sur le mystère, notamment l'amour. Question de rencontres, d'affinités (s)électives, l'amour et la poésie s'inventent, s'étreignent, et convolent en justes noces. La voix du poète est tributaire d'une expérience qui, au fil des années et des pages, l'impose avec une force, une gravité de plus en plus poignante, prégnante. Le cours du langage se resserre et rive le poème à l'essentiel, quand l'embouchure de l'existence se rapproche irrémédiablement de sa source. «Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir» écrit précisément René Char.
    Balade en compagnie de Pierre de Ronsard, Jean de La Fontaine, Friedrich Hölderlin, Alphonse de Lamartine, John Keats, Victor Hugo, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Rabindranath Tagore, Paul Valéry, Louis Aragon, Paul Éluard, Jacques Prévert, Pablo Neruda, Yves Bonnefoy, Adonis, François Cheng, Joseph Brodsky, Nimrod et bien d'autres...

  • On continue de penser que les contes de fées sont destinés à bercer et à amuser les enfants alors qu'ils éveillent aux réalités invisibles et s'adressent à tous, petits et grands. Leur magie ne tient pas seulement aux histoires merveilleuses qu'ils racontent, mais surtout à ce qu'ils cachent : une Sagesse précieuse, qui tantôt circule sous le manteau de Peau d'Âne, tantôt scintille à travers des pantoufles de verre, ou veille silencieusement dans un château endormi...
    Ce livre dévoile la dimension spirituelle de dix-sept contes célèbres, puisés chez Perrault, les frères Grimm et Andersen : Le Petit Poucet, Blanche-Neige, La Petite Sirène...
    Un livre empli de merveilles.

    1 autre édition :

  • La Belle et la Bête, Le Château de Soria Moria, Aladin et la lampe merveilleuse, La Gardeuse d'oies, Le Serpent vert, Le Jardin du paradis... Les contes merveilleux constituent un florilège des traditions et de la sagesse des générations passées. Combinant le féerique, la briéveté et l'action héroïque, ils ont été transmis oralement durant des siècles, avant d'être recueillis et transcrits par des auteurs de différentes contrées, pour préserver notre mémoire ancestrale et en assurer sa pérennité.
    Ce livre, magnifiquement illustré, présente 50 contes merveilleux - souvent connus, parfois méconnus, quelques fois oubliés. Tous ces récits sont vecteurs d'un enseignement traditionnel initiatique, qui remonte à l'aube de l'humanité. Ils exaltent le dépassement du héros ou de l'héroïne, qui triomphe d'épreuves lui permettant d'accéder à un niveau supérieur de conscience et d'action. Chaque conte est ainsi porteur d'un message au symbolisme fécond, que cet ouvrage se propose de vous livrer.
    Explorer avec délice ces contes de fées pour renouer avec votre âme d'enfant et découvrir leur richesse insoupçonnée !

  • Oeuvre d'une ambition folle, Dune a ému et fasciné des générations de lecteurs et reste à ce jour le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Lire (et relire) Frank Herbert, c'est se plonger dans un univers d'une richesse inégalée, qui a inspiré des artistes aussi différents que George Lucas, David Lynch ou Alejandro Jodorowsky. Un chef-d'oeuvre intemporel, dont les thématiques restent d'une actualité brûlante : politique, écologie, transhumanisme, féminisme...
    À l'heure où ce planet opera mythique fait son grand retour dans les salles obscures, Nicolas Allard nous guide dans une oeuvre complexe et foisonnante, et nous offre toutes les clés permettant de décrypter ce monument de la pop culture ! Les encres de Chine d'Emmanuel Brière Le Moan disséminées au fil de l'ouvrage complètent l'immersion dans les sables d'Arrakis.

  • « I'm sorry Dave, I'm afraid I can't do that », nous dit HAL dans 2001, l'odyssée de l'espace. Certes. Mais comment nous le dit-il ? Les machines parlantes sont partout, dans la science-fiction - de Metropolis jusqu'à WALL-E en passant par le T-800 de Terminator - ou dans la vie de tous les jours, avec les androïdes Pepper ou Nao, les assistants vocaux que sont Siri ou Cortana. Dans leurs entrailles de silicium, que se passe-t-il ? Comment s'en faire comprendre ? Et comment, elles, nous comprennent-elles ? Que penser des IA et des robots de la SF capables, à l'image de C-3PO, de parler six millions de langages ? La machine qui comprend tout et le traducteur automatique universel sont-ils à portée de main ?
    Après Comment parler à un alien ?, Frédéric Landragin, docteur en informatique-linguistique et directeur de recherche au CNRS, poursuit son exploration du monde fascinant du langage, et nous livre un ouvrage de référence pour découvrir les bases du traitement automatique des langues...

  • « Tout, chez Rimbaud - sa jeunesse, sa classe sociale, ses origines provinciales, son extrême ambivalence face à l'idée de trouver une vocation ou de fonder un foyer, sa haine de l'«être poète» -, suggère que l'on ne saurait le comprendre seulement en lisant son oeuvre. Il faut essayer de comprendre les personnes et les choses qui l'entouraient, et de l'envisager, lui, non comme un corps individuel mais comme une personnalité à moitié fondue dans la masse. Comme quelqu'un qui arpentait plusieurs mondes à la fois, quelqu'un à qui « plusieurs autres vies semblaient dues », quelqu'un qui, dans cette conjoncture historique particulièrement instable, où les travailleurs parisiens avaient pris en main leur orientation politique, fit le choix, du moins pendant quelques années, d'écrire de la poésie. À la différence de Flaubert et de Mallarmé, la vie de Rimbaud ne fut pas une vie d'artiste. »

  • Pour son centième numéro, Bifrost a choisi de célébrer l'écrivain le plus publié dans ses pages : Thomas Day.
    Alter ego littéraire de Gilles Dumay, Thomas Day fait ses débuts littéraires en publiant des nouvelles dans divers fanzines, puis Bifrost dès son premier numéro, en avril 1996. En près de vingt-cinq ans, il publiera dans Bifrost une quinzaine de nouvelles et novellas. Ses récits, empreint de sexe et de violence, portés par un style fort, ne laissent pas indifférents.
    Son premier roman, Rêve de guerre, paraît en 2001. Suivront une demi-douzaine de recueils et une quinzaine de romans, alternant entre fantasy, fantastique et science-fiction.
    On soulignera notamment Le Trône d'ébène, récompensé par le Prix Imaginales 2008, Du sel sous les paupières, couronné par le Grand Prix de l'Imaginaire 2013, et La Voie du sabre, aventure japonisante récemment adaptée en bande dessinée chez Glénat (3 tomes). Si son dernier roman en date, Dragon (premier titre de la collection «Une Heure-Lumière»), remonte à 2016, Thomas Day est désormais plus actif en BD : la trilogie Wika avec Olivier Ledroit, le comic book Juste un peu de cendres avec Aurélien Police, et tout récemment, Macbeth roi d'Écosse avec Guillaume Sorel - illustrateur qui signe la couverture du présent Bifrost.
    La trajectoire littéraire de Thomas Day est intimement liée à celle de Gilles Dumay, qui, quand il n'écrit pas, publie les autres. Au sein des éditions Encrages, d'abord, où il lance la collection «Lettre SF». En 1998, il rejoint les éditions Denoël pour diriger la fameuse collection « Présence du futur ». Après l'arrêt de celle-ci en 2000, il lance la collection « Lunes d'Encre », qui, entre rééditions d'indispensables classiques et publications de nouveautés faisant la part belle à l'ambition et l'exigence, deviendra l'un des fers de lance de la science-fiction en France. En 2017, il rejoint les éditions Albin Michel où il s'occupe du label Imaginaire.
    Ce centième numéro met donc Thomas Day à l'honneur au travers de deux nouvelles inédites, un long entretiencarrière mené par Olivier Girard, un guide de lecture exhaustif et d'une bibliographie complète par Alain Sprauel.

  • Sous ses formes presque infinies, le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l'histoire même de l'humanité ; il n'y a pas, il n'y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit ; toutes les classes, tous les groupes humains ont leurs récits, et bien souvent ces récits sont goûtés en commun par des hommes de culture différente, voire opposée. Le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature : international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie.

    Les spécialistes de plusieurs pays (France, États-Unis, Allemagne) se trouvent réunis ici autour d'une problématique commune : récit, narrateur, narration, personnage.

  • Cet ouvrage propose une lecture de l'oeuvre de Borges qui croise les lignes de vie du grand auteur argentin à celles de son écriture, en reprenant à son compte les figures symboliques majeures (dédale, miroir, tigre, poignard) qui jalonnent le parcours littéraire borgesien comme autant de motifs interprétatifs.
    Car Borges efface systématiquement la frontière entre vie et oeuvre, entre fiction et réalité et constitue leur rapport comme un jeu de reflets labyrinthique où la quête de la vérité s'entrelace à celles de l'invention et de la métamorphose.
    Au centre de cet échange, comme au coeur du dédale, se tiendrait non pas le minotaure, mais un trou noir dans lequel se dérobe la source de toute création.

  • En érudit du roman noir, Jean-Bernard Pouy n'a que faire des définitions et des catégories quand il s'agit de sa bibliothèque idéale. Il entend communiquer sa passion à tous, anecdotes pour les néophytes et pépites pour les connaisseurs. Avec générosité, il partage son adoration pour les nombreux auteurs emblématiques du genre : des aiguilleurs (Hammett, Chandler) aux contemporains (Garnier, Férey), en passant par les forcenés (Simenon, Westlake) ou les pessimistes (Goodis, Cook). Une ode parfois partiale, toujours facétieuse et dans l'esprit d'un de ses talentueux contributeurs.

    « Le roman noir se doit par essence de ne pas être rose, c'est la moindre des choses. Sa préoccupation essentielle, celle de dépeindre des êtres brisés et menacés par une société aveugle et corrompue, lui a confié toute une génération d'auteurs qui, eux-mêmes, pour diverses raisons, quelquefois personnelles, ne voyaient aucunement l'espoir se lever derrière les brouillards dépressifs de toutes sortes. »

    1 autre édition :

  • Métamorphose : le mot évoque des phénomènes étonnants que l'on observe dans la nature. Il évoque aussi des fables que l'on considère souvent comme insignifiantes. Pierre Brunel y a trouvé l'un de nos mythes les plus profonds. Empruntant des exemples à toutes les littératures, des plus anciennes aux plus contemporaines, des « Eddas » scandinaves au « Koji-ki » japonais, il étudie plus particulièrement quelques textes majeurs : « Les Métamorphoses » d'Ovide, « L'Âne d'or » d'Apulée, « Alice au pays des merveilles » et « De l'autre côté du miroir » de Lewis Carroll, « Les Chants de Maldoror »de Lautréamont, « La Métamorphose » de Kafka, etc. Il y met en évidence des contradictions qui sont peut-être, pour ce mythe, la garantie de sa survie. Paru initialement dans la série « Mythes » (que Pierre Brunel a d'ailleurs lui-même créée avec la collaboration de Pierre Sellier) de la collection U prisme, Armand Colin, en 1974, ce classique des études en littérature comparée était épuisé depuis une quinzaine d'années.
    Nicolas Vanlin, Fabula.

  • Ce précis offre un panorama détaillé de la littérature française du Moyen Âge à nos jours. Destiné aux étudiants et enseignants, et à tous ceux qui préparent des concours et examens, il rassemble les principales connaissances utiles sur les auteurs, les oeuvres et les grands courants.
    Chaque siècle fait l'objet d'une présentation du contexte historique et idéologique dans lequel s'inscrit l'évolution des formes et des genres. Des notices séparées sont consacrées aux mouvements littéraires majeurs : la Pléiade, le romantisme, le surréalisme, etc.
    Les auteurs sont présentés de manière à dégager l'essentiel : dates clés de leur biographie, thèmes et formes de leurs oeuvres, ouvrages principaux qui font l'objet d'un résumé et d'un commentaire organisé.
    Cette quatrième édition est augmentée de nouvelles entrées contemporaines.

  • Qui unit l'herboriste séchant des pétales et le porc qui détruit la flore ? C'est la dévote folle de la messe de Rabelais, dont ils sont tous deux héritiers.
    Magie de la contrepèterie : permuter les lettres révèle un sens caché fort éloigné du propos initial et déclenche une explosion d'allégresse chez ceux qui ouïssent en cogitant. Contrepéter, seul ou en groupe, est un jeu de méninges que magnifient les propriétés thérapeutiques et sociologiques du rire. Mais c'est aussi tirer la langue aux censeurs. Clown des mots, le contrepéteur a la liberté de parole du fou du roi. La contrepèterie défoule. Elle réjouit. Elle est catharsis.
    Riche de plus d'un millier d'exemples, la plupart inédits et certains innocents, ce livre, que hantent les mânes de Freud et de Bergson, décortique les mécanismes et les vertus de l'art de décaler les sons.

  • Ce livre cherche à faire entendre une énergétique du roman. Car la forme romanesque doit se lire comme une négociation des forces qui mobilisent l'écriture, dans une transaction incessante où l'écrivain suit le mouvement qui le porte selon un vouloir-dire qui est autant celui de l'auteur que celui du livre.
    Cette dialectique sans résolution de la force et de la forme interdit de produire une typologie du roman. Elle ouvre plutôt à un plaisir du commentaire que l'on suivra sur une vingtaine de romans écrits en France entre 1930 et aujourd'hui. Ce sont ces tensions irréductibles que je désigne sous le terme de physique du roman. Pour chaque commentaire, c'est donc la tension plus ou moins grande du fil narratif que je voudrais faire éprouver, en restant attentif à ce qui donne à ce fil son tranchant et son allant.
    Envisager ainsi la création romanesque, c'est rappeler qu'on n'écrit et qu'on ne lit que poussés par une impulsion dont les ressorts demeurent largement obscurs, et que la poursuite du récit a pour mission d'éclairer.
    Restituer au roman ses dynamiques plurielles, c'est affirmer un principe critique, plutôt qu'une véritable méthode. Le parcours que j'ai voulu dessiner témoigne aussi, contre une certaine doxa, que l'art du roman reste bien vivant et qu'il faut justement le mettre dans une perspective assez longue. C'est une série de solutions romanesques inédites et originales que j'ai voulu rassembler, depuis le trop méconnu Jim Click de Fleuret jusqu'à des tentatives très récentes, en ouvrant le spectre au roman d'aventure ou au roman policier.
    Organisé de façon chronologique, de Guilloux et Bataille à Houellebecq, Mauvignier ou Kerangal, en passant par Camus, Simon, Duras, Perec, Manchette, Modiano, Quignard et NDiaye, ce livre dessine un continuum qui réintègre le Nouveau Roman dans le mouvement d'une réinvention permanente, où je vois le gage de la vitalité de l'art romanesque.

  • « La grandeur de l'homme réside dans sa décision d'être plus fort que sa condition. » Né en 1913 à Mondovi, dans un domaine agricole situé en Algérie Française, Albert Camus a été élevé par une mère analphabète et sourde. Il nous a laissé une oeuvre immense et inclassable éclairée par le soleil et la chaleur de son Algérie natale. La grandeur de Camus ne tient pas uniquement à ses oeuvres mais au bel exemple de sa vie. Fauché en pleine gloire alors qu'il venait de recevoir la plus haute consécration littéraire, Camus nous laisse une oeuvre diversifiée, abordant des sujets éternels tels que la justice, la liberté et la révolte qui ne cesse de faire écho encore à l'actualité. L'originalité de cet essai est de s'adresser à ceux qui voudraient découvrir ou re(découvrir) le bonheur personnel et littéraire de Camus, un auteur sous-estimé et si décrié par l'intelligentsia de son temps.

  • Après ses numéros consacrés à Edmond Hamilton (n° 90) et John W. Campbell (n° 94), Bifrost s'intéresse une nouvelle fois à l'un des grands noms de l'Âge d'or de la science-fiction : Alfred E. Van Vogt.
    Né en 1912 au Canada, Van Vogt s'initie à l'écriture au début des années 30, via des cours et des méthodes d'écriture.
    Après plusieurs années à écrire de la romance et des textes de littérature blanche, il découvre la science-fiction par hasard en lisant un numéro de Astounding où figure « La Chose d'un autre monde » de John W. Campbell. Il prend contact avec ce dernier, l'influent rédacteur en chef, qui va l'inciter à écrire ses premières nouvelles de SF. Dans les années 40, Van Vogt va publier dans les pages d'Astounding plusieurs dizaines de nouvelles, qu'il va ensuite entreprendre d'assembler entre elles afin de former des romans : il s'agit là de la technique du fix-up, d'où naîtront plusieurs des classiques de notre auteur, tels que La Faune de l'espace, À la poursuite des Slans ou Le Monde des non-A.
    Ces deux derniers récits seront d'ailleurs traduits en français par nul autre que Boris Vian.
    Écrivain aux marottes curieuses - des procédés littéraires particuliers pour accoucher d'histoires aux idées foisonnantes, un attrait ponctuel pour la dianétique de L. Ron Hubbard, un intérêt constant pour le thème du surhomme et de l'immortalité -, Van Vogt exerce une influence cruciale sur le jeune Philip K. Dick. À la tête d'une bibliographie riche d'une quarantaine de romans et de plus de soixante-dix nouvelles, intensément publié par J'ai lu dans les années 60 et 70, Van Vogt est à présent tombé dans un oubli partiel.
    Charge donc à Bifrost de réhabiliter l'écrivain, au travers d'un dossier exhaustif : un imposant article biographique signé Pascal J. Thomas, fin connaisseur de l'auteur, une bibliothèque idéale vanvogtienne, et une bibliographie par Alain Sprauel.

  • La poésie serait-elle une guerre ? Le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel.

    Du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie? ? constitue la « ?Lettre à un jeune poète? » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.

  • En étudiant le début de la Recherche du temps perdu, à partir du fameux incipit « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » jusque « ... les positions successives que nous montre le kinétoscope », l'auteure tente de saisir pourquoi cette longue phrase complexe qui se plaît à nous égarer dans les dédales de « l'inexprimable » nous entraîne dans un univers qui ne nous paraît pas étranger.
    L'analyse des temps utilisés permet de pénétrer plus finement le mouvement de l'esprit que Proust décrit par le menu au seuil de la Recherche, oeuvre qui ne peut être réduite, comme le fait Jankélévitch dans L'irréversible et la nostalgie (1974), au « passéisme » de son auteur. La démarche est à la fois plus complexe, plus décisive et plus heureuse.
    En étudiant ces premiers paragraphes, on verra se dessiner les qualités singulières du Je narratif. Nous suivrons en détail le mouvement de l'esprit du récit, en évoquant d'autres passages importants de la Recherche.
    On comprendra ainsi pour quelle raison cette oeuvre, dès ses premières lignes, nous saisit, car elle nous semble aussitôt accueillante et douillette. Nous nous sentons, dès les premiers mots, en domaine familier. Ce « Je » qui ouvre le premier volume ne nous éloigne pas par une sorte de fermeture égocentrique, mais au contraire ouvre à un instant transmis et partagé.

  • L'ambition de ce livre est d'initier le lecteur à la poétique du roman, c'est-à-dire aux différentes méthodes critiques qui intègrent l'analyse formelle dans leur démarche. Ouvrage de synthèse alliant l'exposé théorique à l'étude concrète, il se divise en deux parties.
    La première présente les approches narratologiques et sémiotiques, mais aussi les derniers développements de la psychocritique et de la sociocritique, ainsi que les apports les plus récents de la linguistique de l'énonciation et des théories de la lecture. La seconde propose, à titre d'illustration, des analyses précises, toujours centrées sur une dimension particulière du roman.
    Cette cinquième édition entièrement revue et corrigée fait état des nombreux travaux qui, ces dernières années, ont enrichi notre connaissance du récit. La « nouvelle narratologie » et les études culturelles sont désormais prises en compte. Le chapitre sur le plaisir du roman a été entièrement remanié.

  • Ce essai propose une approche renouvelée de la vie et de l'oeuvre de l'écrivaine anglaise Virginia Woolf. Il associe deux types d'investigations : l'une porte sur l'animal en littérature ; l'autre étudie les questions du genre et de l'identité. Cet ouvrage s'adresse à tous les publics qui souhaitent découvrir ou redécouvrir Woolf. Quelle place le chien occupe-t-il dans le quotidien et l'imaginaire de la romancière ? Quels éléments fondateurs y expliquent-ils la présence de l'espèce canine ? Comment le compagnon de l'enfance devient-il un moyen de communication avec les autres, surtout avec les femmes ? En quoi contribue-t-il à libérer leur parole et la conduite de leur existence ? Comment aidet- il à traverser le monde des apparences et à faire l'expérience d'un langage nouveau ? Récit, analyses et traduction inédite en français d'un texte peu connu (« Sur un ami fidèle ») invitent à revisiter la biographie d'une figure de la littérature hors du commun.

empty