Presses De L'universite De Laval

  • En 1914, Bertrand Russell (1872-1970) a déjà accompli une bonne part des travaux de philosophie et de logique mathématique qui feront de lui un des plus importants penseurs du XXe siècle et il jouit d'une exceptionnelle renommée intellectuelle. Mais cette année-là, horrifié par la folie martiale qui déferle sur le monde, il rompt avec le milieu académique et s'engage dans un combat pacifiste, devenant l'ardent militant qu'il sera jusqu'à sa mort. Mais la philosophie ne sera jamais bien loin pour ce militant. Et c'est ainsi que, en 1916, Russell a donné à Londres des conférences dans lesquelles il s'est efforcé, d'une part, de comprendre comment nos institutions ont pu nous conduire au désastre en cours et, d'autre part, d'imaginer de nouvelles institutions - économiques, politiques, éducatives et familiales - qui pourraient empêcher ce désastre de se reproduire. L'ouvrage tiré de ces conférences, Principes de reconstruction sociale, qui n'a rien perdu de sa brûlante actualité, est généralement reconnu comme étant la plus importante contribution de Russell à la philosophie politique. Ce document exceptionnel n'était malheureusement plus disponible aux lecteurs francophones depuis sa première et unique parution en français, en 1924. La présente édition vient combler cette lacune. La traduction en a été entièrement revue et corrigée par Normand Baillargeon qui signe, en plus d'une substantielle introduction qui situe l'ouvrage dans la vie de Russell et dans son parcours intellectuel, l'appareil critique (notes et bibliographie) de cette nouvelle édition des Principes de reconstruction sociale.

  • Les textes rassemblés dans cet ouvrage sont le fruit d'une journée d'étude consacrée à la tradition néoplatonicienne et à la gnose, en l'honneur du Professeur Pierre Hadot, qui se tint au Séminaire des missions étrangères de Paris, dans le cadre des Célébrations du 150e anniversaire de la Charte de l'Université Laval, et du 340e anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec, associé au Séminaire des missions étrangères de Paris depuis 1663 et qui est à l'origine de l'Université Laval. Monsieur Hadot recevait par la suite en Sorbonne un doctorat honoris causa de l'Université Laval, lors d'une présentation dont on pourra lire le texte dans cet ouvrage.

  • L'hospitalité répond aux caractéristiques de ces expériences éthiques fondamentales qui tissent la vie des êtres humains. Dans l'échange de l'hospitalité se manifeste la première forme d'une humanité générale. L'hospitalité est une catégorie qui permet d'interpréter la situation générale de l'homme dans le monde. Que nous soyons les hôtes les uns des autres signifie que notre situation dans le monde répond à une structure de la réception et de la rencontre, qu'il existe une liberté pour donner et pour recevoir au-delà des impératifs de la réciprocité. Dans une certaine mesure, ce livre propose une éthique de la contrariété face à une éthique de l'initiative, et vise une idée de la vie bonne plus intéressée à laisser ouverte la possibilité de s'émouvoir qu'à se protéger de toute irruption de l'inattendu. La compétence éthique fondamentale consiste à s'ouvrir vers le tout autre et les autres, à être accessible aux sollicitations du monde, attentif à ce qui est différent de soi-même. Il y a une certaine supériorité morale des petites manies sur l'autosuffisance, de l'amour vulnérable sur le contrôle et la modération, de la générosité de la passion sur la prudence rationnelle, de l'excès sur la simple réciprocité.

    L'éthique de l'hospitalité intervient à propos dans un moment culturel tiraillé par le conflit entre les impératifs de la modernisation et de la croissance, d'une part, et d'autre part, par les exigences d'une éthique de la conservation, de la prudence et de la protection. Face à la fragilité générale du monde, nous assistons à l'émergence d'une forte sensibilité, d'une nouvelle sollicitude et d'un souci de l'autre. Dans ce contexte, le devoir des individus ne consiste pas à se protéger de la société, mais à la défendre, à prendre soin d'un tissu social en dehors duquel aucune identité ne peut se réaliser.

  • Bertrand Russell rédigea les trois essais qui composent cet ouvrage au cours d'un séjour qu'il effectua aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale.
    S'adressant à un public d'étudiants, il y dessine le parcours intellectuel que devra suivre l'apprenti philosophe. Il lui propose de se consacrer d'abord à l'étude de la logique, des mathématiques et de l'histoire des sciences afin d'acquérir le mode de pensée le plus favorable à la philosophie, définie comme " l'art de la conjecture rationnelle ". Les exposés qu'il consacre avec sa clarté coutumière à la logique, " art de l'inférence ", et aux mathématiques, " art du calcul ", sont un éloge à des disciplines d'esprit toujours plus nécessaires pour faire face aux forces irrationnelles.
    Dans la mesure où cet ouvrage propose une discipline de pensée rigoureuse et prudente, il conserve toute son actualité face aux forces ambiantes de l'irrationalisme et aux dogmatismes de toutes sortes.

  • C'est par " L'autorité et l'individu " qu'en 1948 la BBC inaugurait un programme annuel de conférences (The Reith lectures), désormais célèbre.
    Cette première série de six conférences porte sur l'un des problèmes les plus débattus de l'époque moderne : le conflit entre l'ordre et l'autorité d'une part, la liberté individuelle et la créativité d'autre part. Comment entretenir la coopération nécessaire à la survie du groupe sans étouffer l'initiative individuelle et jusqu'au goût de vivre ? Russell examine cette question dans toute sa complexité et esquisse des pistes de solution d'une étonnante actualité.

  • Il me semble bienvenu de proposer ici quelques exercices de ­­« ­réhabilitation ­» des refusés de la philosophie platonicienne par la médiation de quelques personnages secondaires des dialogues, face auxquels Socrate, semble-t-il, avait toujours raison.

    L'ancien humanisme socratique est aujourd'hui - après Nietzsche, Wittgenstein, Derrida, Foucault et tant d'autres - tombé en ruine. Néanmoins il est encore temps de construire un autre humanisme, plus modeste, défensif plutôt mais plus solide peut-être, un « ­humanisme secondaire ­», mais à condition de se poser la question première ­: où se trouve donc l'origine des erreurs anciennes qu'il faut en quelque sorte expier ­? Quo numine laeso quels sont donc les dieux qui, autrefois irrités par la philosophie socratique, se sont entre temps vengés d'elle, mais aussi, me semble-t- il, de l'être humain dans son intégrité ­? Seule, la réponse à cette question nous permettrait, à mon sens, de repartir la tête haute et de faire comprendre au monde actuel (contemporain du terrorisme de masse, de la manipulation génétique et de la vulgarité du « ­chat ­» sur le net) que Socrate, si irritant pût-il être dans ses prétentions à avoir toujours et irréfutablement raison (une raison assez fragile somme toute), n'est tout de même pas mort inutilement.

    Voyons donc ce qui se passe lorsque Socrate a tort

  • Désormais, tout le monde peut intervenir, donner son opinion, mais il va de soi que toutes les opinions ne se valent pas. Aussi, ce manuel s'adresse à quiconque souhaite prendre position dans un débat ou évaluer de manière critique une position qu'on lui présente comme vraie. Échanger à propos des buts et des idéaux avec les membres de nos groupes d'appartenance nous permet de faire évoluer notre pensée de la simple opinion vers la conviction. La poursuite du dialogue, à des degrés divers, devient ainsi prioritaire pour tout être humain qui aspire à contribuer à l'évolution de sa société. Apprendre à faire preuve d'esprit critique pour justifier rationnellement nos croyances est un programme ambitieux, certes, mais accessible. Il suffira d'adopter une approche résolument épistémologique, c'est-à-dire une approche qui privilégie une recherche rigoureuse de la connaissance. Telle est la proposition des auteurs de cet ouvrage.

  • Sous la direction de Martin Breaugh et Yves Couture De Machiavel à Nietzsche, la référence à l'Antiquité n'a cessé d'accompagner la pensée politique occidentale. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? À ne considérer que certains courants dominants, on pourrait conclure à un désintérêt croissant pour le monde classique. Un regard élargi dément pourtant cette impression initiale. Comment ne pas voir en effet que parmi les principaux penseurs ­politiques contemporains, un nombre remarquable continue d'entretenir un dialogue décisif avec les mondes grec ou romain ? On pense d'emblée à Strauss, Foucault, Castoriadis, Taylor, Sloterdijk, Nussbaum ou Rancière. Cette interrogation des Anciens est liée aux enjeux centraux de la philosophie, des sciences sociales ou même de l'action politique actuelles : l'analyse critique de la modernité, les rapports complexes entre la théorie et la pratique, l'articulation de l'idéal d'autonomie avec l'inscription politique et communautaire de l'individu, ou encore l'interaction des principes démocratiques avec les modèles d'excellence légués par l'héritage philosophique et moral de l'Occident.

    Cet ouvrage vise d'abord à faire voir la diversité des enjeux que l'examen du rapport aux Anciens permet d'éclairer d'une manière toute particulière. Mais nous voulons aussi faire ressortir la pluralité des perspectives aussi bien théoriques que normatives qui orientent les usages actuels des Anciens. Sur chaque auteur ou chaque thème traité, on trouvera ici l'éclairage de spécialistes reconnus témoignant d'un aspect central de leur propre démarche. L'ensemble se veut donc plus qu'une contribution à l'histoire des idées. À travers le dialogue avec les Anciens, c'est à une réflexion renouvelée sur la modernité que nous convions le lecteur.



    Avec des textes de Charles Blattberg, Martin Breaugh, Marc Chevrier, Jean-Pierre Couture, Yves Couture, Francis Dupuis-Déri, Bernard Gagnon, Dalie Giroux, Donald Iperciel, Gilles Labelle, Annie Larivée, Georges Leroux, Marie-Blanche Tahon, Daniel Tanguay, Stéphane Vibert.

  • Dans le monde d'aujourd'hui, le mot « liberté » reçoit non seulement, comme l'écrivait Montesquieu en son temps, une multitude de différentes significations ; il fait l'objet d'un abus orwellien du langage. D'où l'interrogation qui est à la base de ce ­colloque : quel sens donner à la liberté en ce début du 21e siècle ? Quel est le rapport entre liberté et d'autres valeurs ? Comment la liberté est?elle perçue par les religions ? Quel sens lui donner dans une ­société multiculturelle ? Quel est le rôle des institutions démocratiques dans la défense et la promotion de la liberté et des libertés ? Comment ­concevoir et appliquer la loi pour qu'elle affranchisse comme le souhaitait Lacordaire ? Peut-on, doit-on poser des limites à la liberté ?

    Voilà quelques-unes des questions à propos desquelles s'interroge le présent collectif et auxquelles il s'efforce d'apporter quelques pistes de réponses.

  • Voilà un ouvrage de longue portée qui nous conduit au coeur d´un débat philosophique et théologique extrêmement tranchant : notre salut passe-t-il par la reconnaissance du bien commun ou par la reconnaissance de la subjectivité? Le philosophe de l´Université Laval, Charles De Koninck, mort en 1965, avait pris parti pour le bien commun en s´appuyant sur l´oeuvre de saint Thomas D´Aquin.

  • Sous la direction de Christian Frenette Normand Baillargeon, Louky Bersianik, Pierre Bertrand, Josiane Boulad-Ayoub, Luc Brisson, Daniel Jacques, Gilles Labelle, Jean Leroux, Jean-Marc Piotte, Marie-Andrée Ricard, Florence Vinit HOMMAGES Hermas Bastien, Jean-Paul Brodeur, François Hertel Cet ouvrage présente quelques acteurs de la scène philosophique québécoise sous la forme d'entretiens, sans égard à leur attachement institutionnel ou doctrinaire et sans prétendre définir une quelconque essence nationale ou la caractériser dans ses principaux traits. Il se compose, comme le premier de la série, de beaux témoignages en faveur d'une philosophie vivante.

    En lisant l'avant-propos et les transcriptions, nous découvrons peu à peu ce que la société veut ou peut attendre de ses penseurs.

  • Les collèges québécois viennent d´avoir quarante ans, de même que la philosophie qu´on y pratique. Qu´est-ce qui la distingue depuis ses tout débuts ? Quelles péripéties l´ont marquée durant cette longue période ? Et qu´est-ce qui la caractérise aujourd´hui ?
    C´est à ces diverses questions que tente de répondre cet essai, en dressant le bilan de quatre décennies d´expérimentation philosophique au collégial.

  • A quoi le philosophe Gilles Deleuze est-il attentif quand il décrit une image, analyse un récit ou fait le portrait d'un personnage? Quelle valeur accorde-t-il aux couleurs, aux enjeux d'un drame ou aux grimaces d'un acteur? Pourquoi s'attache-t-il autant aux auteurs, à Resnais, Visconti, Welles, mais aussi à Ingrid Bergman, à Jerry Lewis et à la petite bonne d'Umberto D? Que penser de sa singulière pratique interdisciplinaire, qui va de la mathématique à la boulangerie? Peut-on vraiment prendre au sérieux le philosophe lorsqu'il défend une histoire s'apparentant à un classement des animaux ou des plantes? Et que faut-il comprendre du but qu'il assigne à sa méthode: faire le concept d'une image, c'est en dégager l'événement? La connaissance de cette méthode doit rendre la philosophie deleuzienne du cinéma assez ordinaire pour que l'apprenti puisse l'explorer en toute confiance et assez vulnérable pour que l'éclairé puisse la détester en toute connaissance de cause, mais, surtout, elle doit entraîner chacun de nous dans l'évaluation de son propre savoir-faire.
    Tels sont les mille plateaux explorés par cet ouvrage.

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