Le passager (COEDITION ANATOLIA)

À propos

Le passager, fasciné par ce qui se passe à nos portes et dont personne ne semble se soucier, entreprend de voir par lui-même les choses depuis l'intérieur des terres de la défunte République démocratique allemande aux prises avec la nouvelle " unification sacrée " et nous en rend compte pas à pas.
William Cliff, poète qui tout au long de son oeuvre a arpenté et interrogé inlassablement le monde, nous donne ici, après La Sainte Famille, son deuxième roman, issu d'une longue errance au coeur des anciennes terres de l'Est. " Un train pour Rostock était à quai. La machine, de fabrication soviétique, vrombissait sourdement. L'on siffla le départ. Le moteur à mazout se mit à gronder à toute force et entraîna le convoi vers l'ancienne Allemagne de l'Est.
" J'essayais de voir l'endroit où le train franchit l'ancienne frontière. N'était-ce pas ici ? Où tout à coup le paysage n'offre plus rien qu'une grande lande ? Ici sans doute se dressaient les fameux miradors. Et ces longs poteaux de bois, tous les mêmes, avec une laide lampe à leur sommet couverte d'un disque noir, oui, je les reconnais, pour les avoir déjà vus jadis en allant à Berlin. Nous roulons sur le réseau de la ci-devant Deutsche Reichsbahn, on le remarque aux gares, aux signaux, à toute la pauvreté, toute la vétusté, la laideur du matériel et des maisons.
Le paysage lui-même semble imprégné de quelque chose de triste, de négligé, d'irrémédiable. " "Les croupes lacustres de la Baltique", lit-on sur les atlas. En effet, nous n'avons plus ici la grande plaine alluvionnaire de la mer du Nord mais des renflements couverts de bouleaux et d'herbes sauvages ; la terre, dans ses commotions, quand elle fit la fosse qui s'appelle aujourd'hui la mer Baltique, a laissé des restes de ses mouvements : ces croupes, et aussi ces lacs nombreux, qui donnent quelque variété au paysage.
" Le train s'arrête dans des villes aux noms tout à fait inconnus, villes qui, vues du train, font mal au coeur, et dont on a peine à imaginer quelle vie a été la leur pendant tout ce long temps, les longues quarante années de ce régime. "



Rayons : Littérature générale > Récit

  • EAN

    9782268045009

  • Disponibilité

    Épuisé

  • Nombre de pages

    133 Pages

  • Longueur

    22 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Poids

    200 g

  • Distributeur

    Hachette

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

William Cliff

William Cliff est né à Gembloux en 1940, quatrième enfant d'une famille de neuf. Il a suivi des études de Philosophie et Lettres à Louvain. Le poète catalan Gabriel Ferrater, sujet de son mémoire de licence, a eu une influence déterminante sur son propre travail. C'est Raymond Queneau qui le découvre et le publie chez Gallimard en 1976. Ce fut immédiatement la consécration pour ce poète écorché vif, désespéré et romantique que l'on compare pour le climat de sexualité exacerbée à Baudelaire, à Verlaine et à Rimbaud. Cliff revendique son homosexualité et pas mal de ses poèmes sont inspirés de ses aventures charnelles, réelles ou fantasmées. Ironique, cinglant, mordant, incisif, cynique, provocant, pitoyable et émouvant, il exprime une certaine nausée existentielle moderne.

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