Les institutions chimiques

Les institutions chimiques

À propos

Longtemps négligées, tenues pour mineures voire parasitaires, les Institutions chimiques témoignent de l'embarras ordinaire de la critique face à la question fondamentale des rapports entretenus par Rousseau avec les sciences de son temps. Comme souvent, parce qu'elle ne savait que faire de ce manuscrit de 1206 pages réalisé pour Francueil, et qui semblait contredire fort malencontreusement les positions défendues par le premier discours, elle prit tantôt le parti d'en minimiser l'importance, en faisant de l'ouvrage un pur exercice de compilation dont Rousseau était totalement absent (raison de disqualifier le texte) ; tantôt celui d'en exagérer la portée, en faisant de la chimie le fondement paradigmatique de toute son oeuvre politique ultérieure (manière de légitimer une foule d'interprétations). Pourtant, à le lire en dehors de ces sentiers battus, pour lui-même, et dans le contexte détaillé d'un tumultueux apprentissage des "sciences secrètes", il apparaît que, loin de correspondre à un ultime sursaut d'intérêt scientifique que viendrait contredire ensuite le premier discours, le traité de chimie livre au contraire une explication inattendue quant à sa genèse. Au-delà des contraintes du genre, il offre de précieux indices sur l'évolution souterraine de Rousseau, et sur la conscience qu'il développa progressivement à l'égard des dangers auxquels s'exposent les âmes crédules, nourries par une conception fantasmée des sciences et de leurs bienfaits. Restituant les Institutions chimiques dans l'intégrité de leur manuscrit, et enrichies de plusieurs documents (dont l'article " De l'arsenic ", donné ici pour la première fois dans son intégralité), la présente édition y joint également un grand nombre de notes et de commentaires, ainsi qu'un lexique et une bibliographie complète.

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Rayons : Sciences humaines & sociales > Philosophie > Philosophie généralités > Essais / Réflexions / Ecrits sur la philosophie

  • EAN

    9782745321923

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    416 Pages

  • Longueur

    22 cm

  • Largeur

    15 cm

Infos supplémentaires : Relié  

Jean-Jacques Rousseau

1712-1778) Né à Genève, orphelin très tôt , il sera apprenti chez un greffier, puis chez un maître graveur. C'est le curé de Confignon qui l'adresse à une nouvelle catholique d'Annecy, Mme de Warens. Devenu précepteur, il retournera fréquemment aux Charmettes, près de Chambéry, chez celle qu'il appelle sa "maman".ÿA Paris, en 1741, il essaie d'exploiter l'invention d'un système de notation musicale et se lie avec Diderot et Mme d'Epinay. Il écrit pour l'Encyclopédie des articles sur la musique . En 1750, il répond au concours proposé par l'Académie de Dijon et en développant la thèse que le progrès est synonyme de corruption, il obtient le premier prix. Suit une autre "dissertation", le Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, qui achève de le rendre célèbre.ÿL'Emile ayant été condamné par le Parlement de Paris, il s'enfuit en Suisse, puis sur le territoire de Neuchâtel, qui appartient au roi de Prusse. Après un passage dans l'île de Saint-Pierre du lac de Bienne, il gagne l'Angleterre (1765), appelé par le philosophe Hume. En proie à la manie de la persécution, il finira par rentrer à Paris.ÿIl achève les Confessions et les complète par les Rêveries d'un promeneur solitaire. En 1778, le marquis de Girardin lui offre l'hospitalité dans un pavillon de sa propriété d'Ermenonville, il y meurt subitement.ÿL'oeuvre de Rousseau s'inscrit contre la filiation nobiliaire et réveille cette inconnue de la vieille littérature: la sensibilité. Une sensibilité fondatrice de droits et de devoirs, sans laquelle le monde resterait vague.

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