Vers une agritecture ; architecture des constructions agricoles (1789-1950) Vers une agritecture ; architecture des constructions agricoles (1789-1950)
Vers une agritecture ; architecture des constructions agricoles (1789-1950) Vers une agritecture ; architecture des constructions agricoles (1789-1950)

Vers une agritecture ; architecture des constructions agricoles (1789-1950)

À propos

En France, à la période contemporaine, les constructions érigées dans le monde rural, en premier lieu celles destinées à l'exercice de l'agriculture, constituent un domaine disputé entre des traditions locales et une ambition de réforme issue du monde urbain. De la Révolution à la Seconde Guerre mondiale, de nombreux auteurs, architectes, ingénieurs, concourent à produire toute une littérature qui ambitionne de réinventer les bâtiments de la ferme par l'emploi de matériaux, de techniques et de modèles nouveaux. Économie, rendement, hygiène, morale, sont les maîtres-mots ; et la plupart de ceux qui s'expriment sur le sujet dénoncent les « mauvais maçons de village », responsables d'« amas de bâtisses insalubres et informes », se proposant, sinon de réduire l'altérité ville-campagne, du moins d'annexer le monde rural à la civilisation urbaine. Des bêtes et des hommes Penser les constructions agricoles, c'est penser aussi bien le logement des animaux que celui des hommes, pour produire un environnement plus sain, plus fécond et. plus rentable. Les réfl exions sur les deux thèmes se croisent. Si les bêtes suscitent des questions plus techniques concernant l'optimisation de leurs abris, l'amélioration de l'habitat humain est un impératif destiné à moraliser les comportements et à lutter contre une désaff ection de la main-d'oeuvre ouvrière attirée vers les villes. Esthétique et démocratisation Les nombreuses publications qui témoignent de cette volonté d'extension de l'architecture aux territoires agricoles ont également une ambition culturelle et esthétique. Des folies rustiques de l'aristocratie (comme le « Hameau de la Reine » de Marie-Antoinette), aux établissements agricoles industriels, s'y dessine la dialectique universelle de l'utile et du futile, du nécessaire et du superfl u. Les manuels d'architecture rurale, comme les traités d'architecture classiques, s'eff orcent de couvrir toutes les questions qui se posent aux constructeurs : choix du site et des matériaux, conception des plans, etc. Ces publications témoignent aussi d'une démocratisation de l'architecture en s'adressant à de nouvelles classes de propriétaires et en traitant de programmes modestes : clapier, bergerie, toit à porcs ou chenil. Une question actuelle Les théories d'architecture rurales refl ètent l'opposition d'un monde rural et d'un monde urbain. L'exemple de François Cointeraux (1740-1830) qui se présentait, vers 1800, comme le seul architecte ayant pratiqué l'agriculture est une exception. La nouvelle science qu'il propose, l'« agritecture », conjuguant logique architecturale et logique agricole, fait écho aux questions d'aujourd'hui : celles d'une architecture durable respectant au mieux le territoire où elle s'inscrit, celles aussi d'une urbanisation s'étendant progressivement à l'ensemble des territoires habités, qui efface l'ancienne opposition ville-campagne et l'ancienne coupure entre citadins et paysans.

Rayons : Arts et spectacles > Architecture / Urbanisme

  • EAN

    9782804702007

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    160 Pages

  • Longueur

    18 cm

  • Largeur

    24 cm

  • Épaisseur

    1.8 cm

  • Poids

    662 g

  • Distributeur

    Sodis

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Jean-Philippe Garric

Jean-Philippe Garric est architecte et historien de l'architecture, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste de l'histoire culturelle de l'architecture et notamment du livre d'architecture à la période contemporaine, il travaille depuis vingt ans sur l'architecture rurale. Il a dirigé avec Valérie Nègre les expositions « Le Viticulteur architecte » (1998) et « La Ferme réinventée » (2001) et il a récemment participé à l'organisation des colloques « L'Art de Bâtir aux Champs » (2010) et « La Ferme moderne » (2012), publiés en ligne.ÿAux éditions Mardaga, il a publié Recueils d'Italie. Les modèles italiens dans les livres d'architecture français (2004) et dirigé l'ouvrage collectif Le Livre et l'architecte (2011, avec Émilie d'Orgeix et Estelle Thibault).

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